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AG 2010 - Bogève

«Tisser la fraternité, une exigence d'amour »
Assemblée générale diocésaine du 20 novembre 2010
à Bogève

 «Tisser la fraternité, une exigence d'amour »

L’essentiel me semble tenir en peu de mots : il est question de notre foi, de notre passion d’aimer, de nous laisser aimer pour arriver à vivre l’exigence d’engagement, de don, demandé par le Christ à ceux qui mettent leurs pas dans les siens...
Mettre la Fraternité au centre de nos liens ne va pas de soi. Elle va de pair avec une solide motivation qui puise ses racines au cœur de l’amour. Ensemble vivifions nos enthousiasmes à aimer !

« Les rencontres ponctuent notre quotidien. Pour les vivre en toute fraternité, il nous faut être présent à l’autre, accueillir ce qu’il est et accepter ce que nous sommes. Toute rencontre nous éclaire sur nous-même et sur l’autre. Même lorsqu’une rencontre paraît difficile, elle est fructueuse, pour peu que nous l’acception telle qu’elle s’est déroulée, et non telle que nous l’avions rêvée. » (Jean-Daniel Hubert, prêtre psychanalyste)

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Présentation du thème : Anne Bielawski, responsable diocésaine

Tisser, parce que le tissage, surtout quand il est fait avec des fils très fins et très délicats, c’est beau, mais ça prend dutemps, ça demande de l’attention, de la patience…
Exigence d’amour, parce que seul l’amour peut être la motivation qui va nous permettre de tisser cette fraternité, envers et contre tout, comme dans la chanson.

« Pour moi, la fraternité, c'est le beau projet de Dieu. Il nous invite à y apporter notre part, à la mettre en oeuvre dans tous nos rapports humains, particulièrement avec nos proches et en Eglise. Je dois dire que c'est beau, mais bien difficile parfois.
A quelqu'un, l'autre jour qui me demandait ce que je dirais, spontanément, j'ai répondu ''c'est supporter les autres''.C’est une réponse très tranchante et peu poétique. J'ai réfléchi ensuite quelques instants, et c'est la vie de famille qui m'est revenue, et j'ai dit : "Cela a été un combat, combat contre l'égoïsme qui me taraudait en permanence."
La fraternité, elle se vit en famille dans la contrainte. Les frères sont là, on joue ensemble, on vit ensemble, on part en vacances ensemble, on dort ensemble, on a les mêmes parent.... mais quand on se dispute, et qu'on doit coucher encore dans la même chambre, à trois mètres les uns des autres,... c'est pas toujours facile.
Mais la fraternité, c'est aussi la possibilité d'avoir des relations fidèles, même si elles sont distantes parfois dans la durée, avec des personnes du même sang. C'est cadeau. C'est beau, excellent.Je crois qu'en Eglise, c'est la même chose. Mais si on a la possibilité de quitter nos ''frères'', ce n'est plus la fraternité.
Toute la bible parle de fraternité, mais dès le début, il y a Caïn et Abel. Et cela continue jusqu'au bout. Même Paul s'est disputé avec des compagnons et chacun est parti de son côté. N'idéalisons pas.
Jésus-Christ est le frère universel, définitif, éternel, en lui se construit la fraternité. Osons prier en Lui, avec Lui. C’est sans doute un des grands moyens de la construire. Mais il faut ensuite endurer le poids du jour. J'alterne sans cesse entre l'idéal, l'appel à aimer fait par Jésus Christ, et la réalité des choses.
» (Ludovic Brûley – aumônier diocésain)

· La fraternité, on sait bien qu’elle ne va pas de soi et qu’on a à la tisser.
Avec l’exigence de fraternité, c’est comme si Dieu nous disait : « Je te donne une immense famille, aime-les tous comme Je t’aime. » Donc si Dieu dit ça, il faut que j’aime mes frères.

· Pendant tout un temps, ce "il faut" a été compris comme un commandement, avec la crainte de la punition si on n’y arrivait pas : “la contrainte, le combat contre l’égoïsme.” Enzo Bianchi parle aussi de la vie chrétienne comme d’un combat… En réalité, je ne pense pas que le combat soit la meilleure méthode.


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Témoignages de foi

« Qu'est-ce qui m’aide à m’engager dans cette exigence d'amour que représente la vie fraternelle ? » « À quelle conversion cet Amour m’appelle-t-il ? »

- C’est l’aventure de frapper à la porte de l’étranger et personne ne m’a jamais fermé la porte au nez. Je sors à chaque fois avec quelque chose de nouveau. Je me sens plus riche et plus fort quand « je voisine »

- Au-delà de toutes mes imperfections, dans cette exigence d’amour, augmente en moi, Seigneur, le désir de brûler de ton Amour.

- C’est l’Esprit Saint que j’ai reçu à mon baptême qui m’a aidé dans les engagements que j’ai pris. Et c’est un « oui » à redire chaque jour et à refaire en mettant mes pas dans ses pas.

- La souffrance peut me faire me replier sur moi, mais elle peut aussi me rendre plus sensible à la souffrance des frères et des sœurs qui m’entourent. « Seigneur, aide-moi à être toujours plus à l’écoute de ceux qui souffrent, à être envers eux tes oreilles et ton cœur pour les aider à découvrir ou redécouvrir ton amour tout particulier pour eux. »

- Ce qui m’aide à m’engager, c’est la foi en un Dieu qui m’aime tel que je suis, la foi en un Dieu qui s’est fait homme, qui a rejoint notre humanité, qui est ressuscité. La vie fraternelle, c’est aimer humblement son frère, son voisin tel qu’il est avec ce que je suis, au jour le jour. La conversion est un travail de tous les jours : avec le Christ cheminer, accueillir, tisser, voisiner, raccommoder, faire le choix...

- Je vis actuellement ma foi comme une page blanche sur laquelle chaque jour je dois réécrire : le partage et le don de l’amour que Dieu me donne, l’amour que j’essaie de donner à mon entourage, mes enfants, mon épouse, les membres de ma famille ainsi qu’aux personnes que professionnellement je rencontre.

- Parler de ma foi, Seigneur je ne sais pas, je ne sais même pas si je l’ai, la seule chose dont je suis sûr, c’est que tu es toujours là, tu fais partie de moi, ensemble nous souffrons, ensemble nous nous réjouissons, nous pardonnons...

- Seigneur, je te demande pardon pour cette personne que je n’arrive pas à accepter, à aimer. Sans toi, je sais que je ne peux pas avancer. C’est pour cela que tu me l’as mise sur ma route.

- Un amour qui ne vient pas de moi, qui est là avec toute sa force et sa douceur, quand j’arrive à me laisser faire. C’est vrai que c’est Toi qui aimes le premier, Seigneur. Dans Ton Amour, je peux faire des pas qui me sont impossibles seule. Dans Ton Amour, je ne peux qu’aimer, me laisser faire par tout ce qui me traverse et lâcher. Lâcher de petits pans d’orgueil, de rigidité, de maîtrise illusoire. Ton amour me ramollit, m’attendrit. Tu me conduis sur les chemins de l’humilité et de l’humanité.

- La prière m’aide, je demande à Dieu de pouvoir trouver la paix du moment présent pour être disponible et attentif à ceux qui m’entourent.

- La vie fraternelle ne va pas de soi et la réalité quotidienne est bien loin des belles paroles. Ce qui m’aide aujourd’hui, maintenant : l’accueil que mes frères me réservent en m’acceptant avec tout ce que je suis, les temps de partage simples ou pas, brefs ou prolongés, tant au niveau matériel qu’au niveau spirituel, le témoignage des gestes de fraternité de mes frères de route, le regard de l’autre qui m‘accueille, la croix du Christ au pied de laquelle je dépose ma charge, croix aux bras grand ouverts, tendus vers les deux larrons, le bon et le mauvais.

-     Dieu m’aime, je ne suis jamais seule et en possession d’un capital de force pour, à mon tour, aimer les proches, « mes frères », voisins, tous ceux qui sont sur ma route. Il faut que je me convertisse déjà moi-même ; laisser de l’orgueil ! avoir plus de patience, avoir plus d’écoute, ne pas vouloir un résultat rapide, voire pas du tout, accepter l’autre tel qu’il est, laisser agir Dieu à travers moi.

- Pour moi, le bonheur, c’est être en paix avec ceux qui m’entourent. La vie fraternelle m’aide à construire cette

paix et vivre la minute présente avec amour. Voir tout le positif de ceux qui partagent ma vie cela me permet d’être dans la sérénité, disponible à l’écoute des autres et m’émerveiller de la richesse de leur vie.

- Ce qui m’aide à m’engager dans la vie fraternelle, ce sont les malades, les handicapés. Je vais les visiter pour discuter avec eux, leur parler sans parler de maladie, mais de rire, de les promener, de les écouter et essayer de les comprendre. La conversion, c’est aimer l’autre et de s’entraider, de s’abaisser au niveau des autres (malades). Je rends grâce au Seigneur pour les malades et handicapés qui nous apprennent à vivre pour les visiter et pour les aider, les comprendre.

- C’est l’Evangile à essayer de vivre à chaque instant de la vie. L’Evangile, pour le vivre, il faut en être comme imprégné, donc le lire (par exemple l’Evangile du jour dans « Prions en Eglise ») et l’entendre à la messe du dimanche. Ce sont aussi les marques d’amitié et d’amour que me manifestent ceux qui m’entourent.

- L’amour c’est grand, c’est beau : c’est Dieu. Mais il peut être vécu comme compassion, comme une faiblesse, comme dépendance à quelque chose ou à quelqu’un ; cela me demande de la cohérence. Je dois d’abord reconnaître ma faiblesse, mais je dois accepter d’avoir à accomplir une action. Je dois m’efforcer à demander à Dieu d’avoir à reconnaître, dans chacune et chacun de mes frères humains, la présence de Dieu en elle, en lui. Je ne pourrai arriver à cette attitude sans avoir conscience que la première démarche doit être celle du pardon, pardon à donner, pardon à recevoir de mes frères et sœurs.