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V.E.A. : Vivre Ensemble l'Évangile Aujourd'hui V.E.A. : Vivre Ensemble l'Évangile Aujourd'hui

AG 2017 - La Roche et Servoz

Le 14 octobre, dans le cadre de notre Assemblée générale diocésaine, nous avons répondu à l’appel de la Pastorale des Personnes Handicapées du diocèse d’Annecy. L’AG statutaire aura lieu le samedi 18 novembre, à Servoz, occasion peut-être de partager les enseignements si riches avec ceux qui n’ont pu participer à cette journée.

 

14 octobre 2017
« Cap sur la vie avec nos fragilités »

Ce fut une journée de sensibilisation et de mobilisation autour des enjeux fondamentaux liés à l'insertion des personnes handicapées dans l'Église et la société.

Journée riche en témoignages dont voici quelques phrases choc :

"La vie : une nourriture d’expérience" - "On ne peut rien faire sans les autres" - "La vie, c’est comme une plante, il faut la nourrir..." - "La foi permet de voir que l’essentiel est invisible" - "La beauté factice que l’on voit partout sur les médias contribue à la discrimination au sein de notre société." - "Vous les « bien-portants », pensez à la chance que vous avez d’être autonomes, de pouvoir vous lever et vous préparer seul chaque matin…" - "Le handicap : ce n’est pas une barrière, mais une passerelle pour aller vers les autres." - "Le handicap : c’est un outil pour nous faire germer…" - "Allez de l’avant, ouvrez la porte…"
 

La force d’une communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres.

« Nul n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager »

 

 

« Josef Schovanec nous a fait voyager sur un tapis volant à travers de nombreux sujets de sociétés touchant au monde du handicap. Il a pris l’exemple du tissage des tapis orientaux en rappelant que tous les fils sont indispensables  à la beauté de la réalisation finale pour parler du bonheur de la « biodiversité humaine » qui va à l’encontre de notre société actuelle, dont les normes se durcissent même de plus en plus.  Il s’est interrogé sur la place que celle-ci laisse aux personnes jugées différentes et a souhaité que nous puissions reprendre au compte de notre pays une des  phrases fortes inscrites dans le préambule de la Constitution fédérale de la Suisse (1999. Etat au 18 mai 2014) : « La force d’une communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ». (Catherine Folgoas)

Le partage qui a suivi l’intervention de Josef Schovanec a été tout aussi éclairant, abordant des aspects très divers de la vie avec un handicap : la santé, l’école, avec des phrases fortes, par exemple : « Si l’école s’intéressait à des sujets humains, elle intéresserait davantage les jeunes ». Il s’est longuement étendu sur le problème de l’exclusion : « Plus la personne dite ‘spéciale’ est dans des lieux ‘spéciaux ‘ entourés de spécialistes… » plus elle s’éloigne de la société, affirmant que c’est l’inclusion et elle seule qui devrait être pratiquée, et que la sensibilisation à la différence doit être portée par les professionnels, les enseignants, les médias… (Catherine Folgoas) »

Apprenons à prendre soin de la fragilité de chacun et continuons ensemble à construire un monde qui prend cette qualité humaine en compte.

 

L'essentiel est invisible

Cédric Gentina est né à Dijon et habite Genève. Infirme moteur et cérébral, il n’a connu que la position assise ou couchée. Il anime l’émission « singularité » sur TV Léman bleu. Dans le cadre d'« oser y croire » à Ville-la-Grand, il a participé à la création d’une crêperie ouverte à tous, et participe au forum « handicap sans frontière ».

(Il témoigne à « Cap sur la vie, avec nos fragilités »)

La foi permet de voir que l'essentiel est invisible

« La vie pour moi c’est une nourriture d’expériences. La rencontre avec chaque individu tel qu’il est, nous apporte quelque chose, enrichit notre vie. Nous ne sommes rien sans les autres : nous avons à construire ensemble l’avenir de notre société. La personne atteinte de faiblesse physique ou mentale a une vie qui donne à réfléchir aux personnes dites « en bonne santé".

Un des malheurs de notre société aujourd’hui, est de passer une grande partie de sa vie derrière un ordinateur ou un téléphone portable. Quel temps je me donne pour saluer mon voisin ou rencontrer l’autre ? Chaque rencontre doit nous aider à réfléchir pour mieux avancer, grandir et changer notre regard. Tout le monde peut participer au changement de notre société même par des petites actions, en élaborant un projet de solidarité à plusieurs, ou tout simplement en essayant de changer son regard sur le monde du handicap. Pour moi la meilleure Église, c’est créer plus de solidarité avec des gens qui en ont besoin. Où que nous soyons dans le monde, à nous de voir ce que nous pouvons faire. L’amour ce n’est pas un paquet de mouchoirs que l’on jette, c’est quelque chose qui se construit. Tout individu a droit à l’amour. Toute personne devrait pouvoir vivre le bonheur d’une vie de couple, de famille. J’aime à dire : même assis, le bonheur existe ! »

Cédric
Article paru dans Catholiques 74 - septembre 2017