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Tribunal Monsanto

"Il faut faire reconnaître le crime d'écocide" Procès symbolique de la multinationale championne des OGM et des pesticides, le Tribunal Monsanto ouvre ses portes ce 14 octobre 2016 à La Haye. Le CCFD-Terre Solidaire sera présent avec une délégation de 10 organisations du Sud...

 

Le Tribunal Monsanto Tribunal retransmis en direct à partir du 15 octobre, afin que le plus grand nombre de personnes dans le monde puisse voir et écouter les juges, les avocat-e-s et les témoins.

Le CCFD-Terre Solidaire sera présent au Tribunal international Monsanto du 14 au 16 octobre à La Haye, avec une délégation de 10 organisations du Sud, partenaires du CCFD-Terre Solidaire impliquées dans la lutte contre les OGM dans leurs pays.

Le Tribunal Monsanto est le résultat d'une mobilisation internationale de la société civile destiné à juger Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l'humanité et pour écocide. D’éminents juges entendront des témoignages de victimes et livreront une opinion juridique suivant les procédures de la Cour Internationale de Justice.
 
Pour le CCFD-Terre Solidaire, ce Tribunal donnera un coup de projecteur particulier sur les effets dévastateurs des activités de Monsanto sur l'environnement, les paysans et leur production ainsi que les droits à l'alimentation et à la santé des populations. De graves atteintes aux droits fondamentaux déjà observées, dont viendront témoigner des représentants du monde entier. A l'heure de la fusion annoncée de Monsanto et Bayer, il est urgent d'aborder la question de la responsabilité de cet acteur majeur du secteur semencier qui contrôlera près d'un tiers du marché mondial des semences et des pesticides.
 
Les partenaires du CCFD-Terre Solidaire, qui seront présents au Tribunal Monsanto, témoignent de l'importance de cette initiative :
Pour Jean-Paul Sikeli, secrétaire exécutif de la Copagen, réseau associatif africain qui œuvre pour la sauvegarde du patrimoine génétique dans la région et l'utilisation durable des ressources biologiques :  « L'idée de créer un cadre collectif pour les victimes afin de porter des actions au civil devant une instance juridictionnelle, fût-elle symbolique, est à saluer quand on sait que les procédures sont parsemées d'embûches [1] ». « Au Burkina Faso, la firme Monsanto a arnaqué les pauvres paysans producteurs de coton. Ils ont été matraqués par la rhétorique de l'augmentation des rendements agricoles et des revenus du coton Bt génétiquement modifié. Le résultat a été désastreux : la mauvaise qualité de la fibre associée à la faiblesse des rendements a contraint le pays à réduire puis à abandonner cette culture pour la campagne 2017-2018  [2] ». Jean-Paul Sikeli sera notamment aux côtés de l'un des paysans, victime de la culture du Coton Bt au Burkina-Faso, qui témoignera au Tribunal.
 
Ines Franceschelli de l'organisation Base IS, à l'origine de la campagne« ñamoseke Monsanto» (« Dehors Monsanto » en Guarani), regroupant une trentaine d'organisations paraguayennes, témoigne : « Au sein de cette coalition, nous menons un combat pour le respect de la vie et la biodiversité, pour que les paysans et leurs familles puissent vivre et produire sur leurs terres. Nous nous élevons contre des activités qui conduisent à la déforestation, l'épuisement des ressources, l'accaparement des terres, les expulsions des paysans de leurs terres, la disparition des cultures, la maladie et la mort ». « Le Tribunal Monsanto constitue un espace fondamental pour partager notre expérience d'une même lutte, menée à différents endroits du monde. Ce partage permettra de renforcer nos capacités d'action au niveau local ».
 
Maureen Jorand, responsable du plaidoyer souveraineté alimentaire au CCFD-Terre Solidaire, ajoute : « Intoxication des populations, pollution des sols, privatisation des semences, endettement des paysans...  la liste des dommages causés par les activités de Monsanto est longue et pourtant, c'est l'impunité qui domine. Ce tribunal est une occasion de changer d'échelle, de lier les luttes nationales et de faire en sorte que les dommages causés par Monsanto soient internationalement exposés ». « Et au-delà du symbole, cette démarche permet de réaffirmer la nécessité urgente d'inscrire la responsabilité juridique des entreprises au niveau international. Actuellement aucun instrument juridique international ne s'applique aux multinationales alors même qu'elles sont en situation de quasi-monopole et qu'on les positionne désormais comme des piliers des initiatives et politiques de développement. Mais un développement pour qui ? En tout cas pas pour les paysans qui viendront témoigner », conclut Maureen Jorand. Le CCFD-Terre Solidaire est fortement mobilisé pour l'élaboration d'un traité des Nations unies sur le respect des droits humains par les entreprises multinationales pour protéger les populations et garantir aux victimes l'accès à la justice.

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