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Sur les pas de François de Sales Sur les pas de François de Sales

Nouveau livre

D’une justesse peu commune, ce récit généreux parvient à rapporter fidèlement les éléments historiques de la vie de François de Sales tout en les éclairant à travers les regards croisés de personnages romanesques. Michel Tournade est religieux oblat de Saint François de Sales et prêtre. Docteur ès lettres, il est enseignant en lycée et curé d’une paroisse à Annecy.

Michel Tournade est notamment l’auteur du livre " Un monde à aimer :" une adaptation de l’Introduction à la vie dévote de saint François de Sales (Nouvelle Cité).

Saint François de Sales : aventurier et diplomate

LIVRE | 12/10/2017 | De Michel Tournade
[Saint François de Sales : aventurier et diplomate]
Auteur : Michel Tournade
Editeur : Salvator
Nombre de pages : 334 - sortie juillet 2017
 

Faut-il se méfier de la littérature ? À une certaine époque, les chrétiens le pensaient, et l’Église n’y allait pas de main morte pour mettre les œuvres à l’index. Désormais, cette controverse est dépassée. Le pape François ne tarit pas d’éloges sur les vertus de la lecture. Et, depuis une vingtaine d’années, on voit émerger beaucoup de très belles plumes parmi les prêtres. Le Père Michel Tournade en est une. Cet oblat de saint François de Sales, docteur ès lettres, enseignant en lycée et curé de paroisse à Annecy, vient de signer une passionnante biographie sur saint François de Sales (1567-1622), dont nous célébrons le 450e anniversaire de la naissance.

S’il reste dans les limites de la « littérature catholique », le religieux a adopté la forme du roman. Paris osé, pari réussi. Qu’il se situe du côté du saint savoyard ou des anonymes de l’histoire acquis au protestantisme (la population du Chablais), le double effet miroir joue à plein ! On l’a oublié aujourd’hui, mais la Savoie – indépendante jusqu’en 1860 – fut ravagée par « les guerres de religion » après la Réforme. C’est dans ce bouillon de culture, dans un décor de lacs et de montagnes à la beauté âpre (le progrès moderne en a effacé quelque peu la rudesse), qu’émergea la figure de saint François de Sales. Fin connaisseur de la théologie protestante, ainsi que des déviances du catholicisme de son époque, cet aristocrate de la meilleure étoffe contribua à remettre l’Église dans le droit chemin de l’amour. Authentique homme de dialogue (on le voit s’entretenir avec Théodore de Bèze), il initia dans le même élan une révolution des profondeurs qui irrigue encore l’Église. Tout le langage de la mystique contemporaine est issu de sa spiritualité de l’abandon à la Providence (« l’abandonnement »).

Lorsque s’ouvre le roman, il fait une chaleur caniculaire dans la vallée de Thorens, en contrebas du plateau des Glières. Nous sommes le 28 août 1567. Une innocente volée de cloches annonce le baptême de l’aîné du seigneur de Sales, tandis que les faucheurs s’activent sur les fortes pentes en lisière de forêt. Parmi eux, Germain Favre-Bonvin, un bel adolescent montagnard à la colère retenue. « Qu’avait-on besoin d’un petit seigneur papiste de plus qui s’était donné pour seule peine de naître pour régner en maître sur les terres que lui, Germain, s’épuiserait à travailler toute sa vie ? » Car le fier jeune homme lorgne de plus en plus vers la nouvelle religion. Les dés sont lancés.

Des destins entrecroisés

D’une plume enlevée, qui donne autant à voir qu’à méditer, Michel Tournade va entrecroiser les deux destins pour les réunir dans un même désir ardent de Dieu. Tandis que le jeune François est envoyé à 12 ans au collège Louis-le-Grand à Paris, Germain épouse par amour une catholique. Lorsque le premier sombre dans la dépression et vacille dans sa foi, ébranlé par le jansénisme, le second est foudroyé par la perte de son fils, dévoré par les loups. Mais une main invisible veille…

On bourlingue beaucoup : des sentiers escarpés du duché de Savoie à la capitale du royaume de France, des ruelles mal éclairées de Padoue à la houle adriatique, des murs de Genève aux reflets irisés du lac Léman, des marécages au palais épiscopal d’Annecy, petite ville tourmentée, grelottante l’hiver et suffocante l’été. On affronte la menace des bêtes sauvages, les bourrasques glaciales, les tempêtes. On force les portes (verrouillées) des hameaux et des châteaux, des églises et des temples. On cherche la voie des cœurs. L’histoire inattendue d’une belle amitié spirituelle qui nous fait entrer dans l’intimité de saint François de Sales et l’esprit d’une époque. Une découverte.

Diane Gautret
Source : Famille chrétienne