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 Service de la Diaconie diocésaine Service de la Diaconie diocésaine

Qu'est-ce que ça veut dire ?

S'il est un terme actuel d'Église qui surprend et fait réagir, c'est bien celui de «diaconie». Il est vrai qu'avec ce mot d'origine grecque, il y a de quoi perdre son latin ! On peut s'étonner d'un tel jargon, alors que le langage ecclésial est déjà considéré - y compris par nombre de chrétiens - comme trop souvent spécialisé et ésotérique, voire rebutant aux oreilles des non-initiés...

Si cette objection se doit d’être écoutée, les raisons du réemploi de ce mot méritent d’être entendues, ne serait-ce que pour en (re)découvrir la profondeur spirituelle et sociale.
Le terme théologique de « diaconie » vient du grec (diakonia) et désigne le fait de se mettre au service des autres, à l’exemple du Christ, pauvre et humble.


Employé une centaine de fois dans le Nouveau Testament, dans le lexique évangélique, ce concept signifie tant la mission du Christ lui-même et celle des disciples se disant « serviteurs », que la façon de vivre les rapports humains dans et hors de la communauté.


Au fil du temps, le mot « diaconie » avait disparu du langage de l’Église, avant que Benoît XVI n’en parle explicitement dans son encyclique Dieu est Amour. Après avoir rappelé que la charité appartient à la nature profonde de l’Église, le pape définit la diaconie comme étant le « service de l’amour du prochain exercé d’une manière communautaire et ordonné ».
Pour autant, la « diaconie » ne disqualifie pas les autres termes utilisés au fil des siècles pour qualifier le service du chrétien vis-à-vis d’autrui, comme ceux de charité, de solidarité, de fraternité ou de justice. Au contraire ces notions, qui révèlent les richesses du service des frères mis en place par l’Église depuis ses origines, se trouvent rassemblées et récapitulées dans celle de diaconie, comme pour mieux les enraciner dans la relation au Christ.
De la charité dans laquelle elle se fonde, la diaconie veut être le moyen pour agir concrètement - notamment de façon organisée et communautaire - au service de l’amour de Dieu qui, par son Fils, se donne à l’humanité sans aucune condition préalable.
De la solidarité, elle veut souligner la dimension préférentielle de l’Alliance du Père avec les plus démunis de tous ses enfants.
De la fraternité reçue comme un don et une tâche, la diaconie valorise, à l’exemple du Christ, le compagnonnage quotidien et la réciprocité entre les personnes.
De même, la diaconie cherche à mettre en œuvre la justice, celle du Royaume qui dépasse la justice humaine, et vient dire la dignité de chaque personne reconnue dans sa singularité.
Enfin, la diaconie amplifie l’expression d’« option préférentielle pour les pauvres », en faisant des personnes en situation de fragilité et d’exclusion, des acteurs essentiels et prioritaires d’une humanisation réciproque.

Christian Bert-Erboul, diacre