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Réfugiés

Des évêques espagnols s’élèvent contre l’accord entre l’Europe et la Turquie. La possibilité d’expulser les migrants de l’Union européenne vers la Turquie a été dénoncée par les évêques espagnols de la commission épiscopale sur la migration.

À dix jours du prochain sommet entre la Turquie et les dirigeants de l’Union européenne, les évêques espagnols ont critiqué les prémices de l’accord sur les migrants entre les deux parties.

Cet accord prévoit, notamment, la réadmission sur le territoire de la Turquie des migrants arrivés clandestinement en Grèce, y compris les Syriens qui fuient la guerre. En échange, les Européens s’engageraient, pour chaque Syrien renvoyé, à transférer un réfugié syrien depuis la Turquie vers le territoire de l'UE. Ce réfugié aura été préalablement « sélectionné » par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

 À lire : l’UE et la Turquie en quête d’un accord sur les réfugiés

L’accord devrait être adopté définitivement vers le 17 mars, jour du sommet. Mais il ne satisfait en rien les évêques espagnols de la commission épiscopale sur la migration. Le 8 mars, ils ont fait part de leur « immense douleur » devant ces mesures et ont dénoncé leur « inhumanité (…). Nous oublions que derrière ces flux migratoires continus, se trouve un système économique injuste où le profit l’emporte sur la dignité de la personne et le bien commun. Ces flux s’expliquent aussi par la violence et les destructions provoquées par la guerre, la persécution et la faim. »

« Consternation »

Cette déclaration rejoint celle émise le même jour par plusieurs organisations caritatives catholiques en Espagne. Caritas Espagne, la Conférence espagnole des religieux et la commission Justice et paix des jésuites espagnols ont ainsi exprimé leur « consternation » et leur « rejet absolu » de l’accord. « Il s’agit d’un accord sans précédent, qui représente un changement radical de la politique d'immigration et un pas en arrière pour les droits de l’homme. »

Les trois milliards d’euros d’aides que devrait attribuer l’UE à Ankara pour l’aider à « contenir » les migrants ont aussi fortement déplu aux associations. «Cela donne l’image d’une Europe marchande et s’ajoute à la longue série d’actions chaotiques, confuses et répressives adoptées par l’Europe contre les réfugiés sur ses frontières orientales. »

Pierre Wolf-Mandroux

Site La croix