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L'Église, diaconie du monde

Cet article, paru dans la revue Église d'Annecy d'avril 2013, reprend la note du comité de suivi théologique de Diaconia 2013, sur la relation étroite entre la diaconie et la nouvelle évangélisation qui est au coeur de l'Année de la foi. Son but est d'inviter le lecteur à découvrir cette note intégrale sur le site Diaconia2013@cef.fr.

En octobre 2012, a débuté l’Année de la foi, dont le coeur est la nouvelle évangélisation. La diaconie, comprise simplement comme « le service de la charité », constitue, avec l’annonce de la Parole de Dieu et la célébration des sacrements, l’un des trois fondements de l’Église.

 

Pour Jésus venu sauver toute l’humanité, l’évangélisation et la diaconie ne font qu’un

Dans ses rencontres, Jésus accompagne l’annonce de la Bonne Nouvelle de guérisons, signes visibles de la présence aimante de Dieu auprès des humains. En lui, on découvre une parole qui guérit et des guérisons qui parlent. Par sa manière d’être et d’agir, il révèle à chacun, et en particulier au plus accablé, combien il est aimé, lui permettant de reprendre confiance, de découvrir en lui une foi (« ta foi t’a sauvé », dit-il souvent), ce don de vie venant de Dieu qui le relève.
À notre tour de ne pas séparer « évangélisation » et « diaconie », en permettant à la personne accompagnée, de découvrir en elle une « foi », certitude de l’amour offert, qui la soutient pour retrouver sa place unique dans l’humanité. Parce qu’ils sont aimés de Dieu et qu’ils le croient, les chrétiens témoignent, en paroles et en actes, de cet amour reçu en abondance, auprès des autres et pour le bien de la famille humaine.

La diaconie, parce qu’elle est le résultat de l’action de Dieu en nous, est d’abord une expérience spirituelle enracinée dans l’Évangile et l’attitude du Christ qui nous envoie comme serviteurs des hommes et d’abord des plus pauvres. La diaconie de l’Église participe directement de la dynamique d’évangélisation, car c’est l’amour de l’autre qui nous presse d’annoncer l’Évangile.
 


« En s’identifiant aux pauvres, le Christ nous indique la pierre d’angle de toute évangélisation : l’Évangile s’annonce à partir des pauvres et avec eux. »

L’attitude du Christ nous envoie comme serviteurs des hommes et
d’abord des plus pauvres.

Canoniquement, elle se comprend comme un paroles d’Église, élément constitutif de l’annonce intégrale de la Parole de Dieu, un stimulant de l’esprit évangélique des communautés.

La diaconie de l’Église rend crédible l’annonce de la Bonne Nouvelle

Depuis les actes des Apôtres, toute l’histoire de l’Église témoigne des liens unissant l’annonce, la célébration et la charité, au travers de nombreuses oeuvres de partage. Le développement de la diaconie fut l’un des facteurs d’expansion rapide de l’Église dans le monde*, s’appuyant sur la force des témoignages de vie fraternelle de chrétiens anonymes ou non.

Aujourd’hui encore, c’est d’abord par sa conduite de vie et par son témoignage de pauvreté, de détachement et de liberté face aux pouvoirs de ce monde, que l’Église peut poursuivre son oeuvre de salut. L’Évangile est une force de transformation pour notre société en mutation, et l’amour de l’Église est un amour de résistance et d’inventivité face au fatalisme ambiant.
Les défis de la nouvelle évangélisation sont ceux d’une nouvelle fraternité, d’une charité nouvelle qui s’associe avec les plus pauvres et saura mobiliser, de manière inédite, des hommes et des femmes divers, pour inventer des expériences significatives et prophétiques.

Si l’engagement des chrétiens au service des autres doit témoigner de l’amour pur et gratuit de Dieu, et si la finalité de l’engagement solidaire est bien la vie de l’autre sans conditions, il existe bien un lien entre « diaconie » et « annonce ». En effet, le chrétien doit être prêt à partager sa foi avec les personnes en détresse exprimant une soif spirituelle. À lui de savoir, comme l’écrit, dans son encyclique Dieu est Amour, le pape Benoît XVI, « quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de Le taire et de ne laisser parler que l’amour. »


La Bonne Nouvelle annoncée aussi par les pauvres

En s’identifiant aux pauvres, le Christ nous indique la pierre d’angle de toute évangélisation : l’Évangile s’annonce à partir des pauvres et avec eux. Le service de la charité n’est pas une conséquence de la foi, mais se pense comme un lieu source pour la foi : tel est l’un des principaux enjeux de la démarche Diaconia. En effet, rencontrer et cheminer avec les personnes marquées par la maladie, le handicap et la grande pauvreté, permet d’entendre l’Évangile avec l’accent des origines, à la manière de Jésus.
Nous sommes appelés à nous laisser évangéliser par les personnes vivant la précarité, qui nous
ramènent souvent aux questions essentielles de la vie. Elles expriment souvent une « foi », une confiance étonnante au milieu de difficultés paraissant insolubles. Les échanges de foi avec elles (Parole et prière partagées, célébration des sacrements, voyages, pèlerinages…) revigorent la vie spirituelle et contribuent à unifier notre vie par une plus grande cohérence entre notre foi et notre existence.
Un autre enjeu est d’accroître la dimension communautaire de la diaconie, en développant une culture évangélique de la fraternité. La diaconie est, pour la communauté, un « lieu-test » de la qualité de sa foi, de son dynamisme pastoral et missionnaire, et de sa vitalité liturgique. Aussi, la diaconie de l’Église est-elle le fruit de la communion confessée et célébrée et c’est toute l’Église qui est diaconie du monde.

La réussite de Diaconia 2013 contribue à celle de l’Année de la foi, car la nouvelle évangélisation
sera ancrée dans un service renouvelé de la charité, à savoir une fraternité avec les plus fragiles.

Christian Bert-Erboul
Diacre, délégué diocésain à la diaconie

 

www.diaconia2013@cef.fr.

 

►Télécharger ici la note théologique


■■■ (*) « Vers le milieu du IVe siècle, prend forme en Égypte ce que l’on appelle la « diaconie » ; dans chaque monastère, elle constitue l’institution responsable de l’ensemble des activités
d’assistance. (…) En Égypte, non seulement chaque monastère, mais aussi chaque diocèse, finit par avoir sa diaconie, institution qui se développera ensuite en Orient comme en Occident. Le Pape Grégoire le Grand (604) fait référence à la diaconie de Naples ; en ce qui concerne Rome, les documents font allusion aux diaconies à partir des VIIe et VIIIe siècles. » (Benoît XVI , encyclique Deus caritas est, n° 23).