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« Évangelii gaudium – La joie de l'Évangile »

La première exhortation apostolique du pape François se présente comme un véritable programme-feuille de route pour l'Église. Dans le chapitre 4 : « La dimension sociale de l'évangélisation », au moment où notre société traverse une crise morale, politique et économique, le pape François nous rappelle que la voix de l'Église est légitime quand elle s'exprime à ce sujet : « Personne ne peut exiger de nous que nous reléguions la religion dans la secrète intimité des personnes, sans aucune influence sur la vie sociale et nationale ».


Il s’inscrit dans la continuité des enseignements du concile Vatican II et des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, dont il souligne quatre aspects essentiels : « Les répercussions communautaires et sociales » de l’annonce de l’Évangile ; « L’intégration sociale des pauvres » ; « Le bien commun et la paix sociale » ; « Le dialogue social et la contribution à la paix ». Depuis le début de son pontificat, le pape François ne cesse de nous inviter à vivre une Église hors les murs, attentive aux plus pauvres. Le fondement théologique de l’agir chrétien doit être « l’option pour les pauvres » « Pour cette raison, écrit le pape, je désire une Église pauvre pour les pauvres ».


Car pour lui c’est un enjeu pour le monde et pour l’Église même: « Tant que ne seront pas résolus radicalement les problèmes des pauvres, (…) les problèmes du monde ne seront pas résolus » et lorsqu’une communauté oublie les pauvres, elle « court aussi le risque de la dissolution ». Par « pauvres », le pape entend les « plus faibles », et il cite : sans-abri, toxicomanes, réfugiés, populations indigènes, personnes âgées, migrants, victimes de la traite et des nouvelles formes d’esclavage : « Ce crime mafieux et aberrant est implanté dans nos villes, et beaucoup ont les mains qui ruissellent de sang à cause d’une complicité confortable et muette ». Et il ajoute ce comble de la pauvreté : « Doublement pauvres sont les femmes qui souffrent des situations d’exclusion, de maltraitance et de violence ».


Il y a de quoi réveiller nos consciences de bien-nantis, trop souvent repliés sur nous-mêmes, sur nos seules conditions de vie, nos avantages acquis. Sommes-nous prêts à nous risquer pour vivre une Église hors les murs de nos chapelles et de nos communautés, proche des petits et des pauvres, au service de l’homme, de tout homme, et de tous les hommes ? Cela demande une conversion, ne pas céder aux sirènes de ceux qui veulent nous faire croire que notre civilisation occidentale est assiégée dans sa sécurité (à cause des violences, cambriolages, etc.), dans sa survie et ses modes de vie (à cause de l’immigration, étrangers, etc.), dans sa civilisation chrétienne (à cause du fanatisme religieux, etc.). Ceux qui tiennent de tels discours et entretiennent un climat de peur ne sont pas des disciples du Christ … !

Au moment où des échéances politiques se profilent, ne nous trompons pas dans nos choix et dans les valeurs évangéliques que nous souhaitons vivre … et n’ayons pas peur de les affirmer dans nos engagements au service de la société et de la cité ! Inscrivons dans notre coeur et dans notre vie cette invitation du pape François : « Comme je voudrais trouver les paroles pour encourager une période évangélisatrice plus fervente, joyeuse, généreuse, audacieuse, pleine d’amour profond et de vie contagieuse [… ] Pour cela il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par les pauvres ».

Père Jean-Luc Leroux, curé de la paroisse Bienheureuse Mère Teresa