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Des digues doivent céder...

Il y a 4 ans, la démarche Diaconia 2013 avait pour objectif d'accorder plus de place dans l'Église de France aux personnes en situation de fragilité et de précarité. La première Université de la solidarité et de la diaconie, qui s'est tenue pendant la Toussaint à Lourdes, a permis de mesurer les premières avancées...

Ci-dessus : le groupe de Haut-Savoyards présent à l'université de la solidarité et de la diaconie à Lourdes

Quatre ans après Diaconia 2013, un constat s'impose : il reste encore beaucoup à faire pour que les pauvres et les personnes fragiles trouvent leur place dans l'Église : les témoignages comme celui d'Alban (ex-alcoolique reconverti en bénévole) le démontre bien.Il raconte qu'un mur a été récemment édifié dans la cour que partageait un service diocésain avec son association qui accueille des personnes en situation de précarité. "Un coup dur au vivre ensemble"... Au-delà du bénévolat, il participe aujourd'hui à un groupe de parole animé par un diacre qui préside l'association dont Alban fait partie au service des plus fragiles : "J'y ai redécouvert l'Évangile, tout a pris un autre relief du fait de mon exéprience et de ces "casseroles" accumulées quand j'étais dans la galère...". Alban aimerait aussi s'impliquer davantage dans cette Église qui n'a rien à voir avec les clichés qu'il avait en tête.

C'était précisémment l'enjeu de ce rassemblement à Lourdes. Des digues doivent encore céder, poursiuit Yves Doubliez, diacre du diocèse de Nanterre, qui reconnaît malgré tout une "belle dynamique" depuis Diaconia 2013. Loin de verser dans l'angélisme, celui-ci regrette que des personnes qui se rapprochent de l'Église ressentent encore le sentiment d'être "méprisées" voire "humiliées".  Il donne le cas concret des repas partagés où l'espace cuisine est réservé exclusivement aux bénévoles : cela ne permet pas d'instaurer un climat de confiance"....

Il semble qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour certaines paroisses, avant que celles-ci ne réalisent la  la force de témoignage des personnes ayant traversé la pauvreté et la qualité de leur rencontre avec Dieu. Cela passe, par exemple, par le fait de donner la paroles aux personnes les plus fragiles dans l'animation liturgique ou dans l'écriture de la prière universelle....

Le parcours de Jacqueline, une Camerounaise de 62 ans, donne toutefois des raisons de croire en des avancées. En france depuis 2005, cette mère de famille ne garde pas forcémment un bon souvenir des ses premières messes dans le diocèse d'Annecy. "Je me sentais seule, personne ne me disait bonjour."

Bien que ne réussissant que péniblement à subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants, grêce à un travail dans une chaîne de conditionnement, Jacqueline dit "tenir debout" dans l'association où elle devient bénévole. Puis elle monte un groupe de parole intitulé "Semeurs de Lumière".

Elle souligne l'apport bénéfique de Diaconia 2013 dans sa paroisse. "Je me rappelle avoir pu lire, avec mon groupe", le message final du rassemeblement, se souvient-elle. Dès la sortie de la messe, une dame est venue à notre rencontre pour une invitation à manger". Depuis cet épisode, le groupe "Semeurs de Lumière" organise  un partage d'Evangile une fois par mois et anime des messes, de la chorale à la prière universelle, en passant par la possibilité de "donner la communion"

D'après l'article de Hugue-Olivier Dumer 
La Croix /11/2017