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À temps nouveaux, initiatives nouvelles

À lire, l'article paru dans la revue officielle du diocèse d'Annecy de novembre 2012
Lors de la Démarche synodale, beaucoup avaient insisté sur la nécessité de rassemblements festifs pour se ressourcer, mais aussi pour donner une plus grande lisibilité à la vitalité de notre Église... Mission accomplie, ce dimanche 14 octobre, à La Roche-sur-Foron : nous étions plus de trois mille à remplir le hall n° 5 du Palais de la foire, pour une journée qui s'annonçait mémorable ! ...

... La matinée avait commencé par la conférence du Père Jean-François Chiron, professeur à la faculté de théologie de Lyon, sur « Vatican II, une boussole pour notre temps ». Un exposé magistral - dans les deux sens du terme ! - et aussi très pédagogique, qui eut le mérite de balayer quelques idées reçues sur le Concile, au moment où l’on célèbre, partout dans le monde, les cinquante ans de cet événement prodigieux pour l’Église.
Ainsi, note le théologien chambérien, « le Concile ne se contente pas de définir l’Église comme peuple de Dieu, il la définit comme peuple en chemin : l’Église est tout à la fois sainte et toujours appelée à se purifier. Il faut voir en même temps ce qu’elle est appelée à être et ce qu’elle est. Mieux, ce qu’elle est appelée à être fait en quelque sorte partie de ce qu’elle est ! » Voilà qui renvoie inévitablement au Royaume et à la superbe formule du Notre Père. « Que ton règne vienne, cela veut dire : réalise ton projet pour nous et pour le monde, en Jésus-Christ. »

NOUS LIBÉRER DE TOUT CE QUI NOUS EMPÊCHE D’AIMER ET DE SERVIR

Après cette vertigineuse entrée en matière, la célébration eucharistique qui suivit fut belle, dynamique, et emplie de ferveur, grâce à l’active participation de l’assemblée, soutenue par les talentueux solistes et musiciens du groupe Adora.
 

Dans son homélie, le Père Boivineau, faisant le lien avec la Démarche synodale, a commenté le fameux récit évangélique du jeune homme riche, en Marc 10 : « Jésus n’exige pas de nous des prouesses ascétiques, a dit notre évêque, il veut seulement que nous nous libérions de tout ce qui nous empêche d’aimer et de servir. Le jeune homme, c’est chacun de nous, mais aussi nos paroisses, nos communautés, nos mouvements… Nous pouvons nous être installés dans nos certitudes et pas du tout disposés à rompre avec nos habitudes. Si seulement nous pouvions entendre cet appel : Viens, et suis-moi ! »


Passée la pause pique-nique, les ateliers furent une nouvelle occasion de rompre avec ces habitudes « enfermantes », en donnant la parole à divers témoins : prêtres, religieuses, laïcs, heureux de dire leur « Joie de croire » (atelier animé par Paul Garcin, directeur de l’Enseignement catholique) ou de développer leur vision du service, dans la perspective du grand rassemblement Diaconia 2013 à Lourdes (atelier animé par Christian Bert-Erboul, délégué diocésain à la Solidarité).
Il y eut aussi les contes bibliques, l’atelier Croire, c’est intelligent pour les lycéens et, pour les amateurs d’art sacré, le beau diaporoma sur le patrimoine de nos églises savoyardes, réalisé par Jérôme Bouchet en suivant le fil conducteur du Credo.

AVANÇONS EN EAU PROFONDE !

La journée avait passé comme l’éclair que déjà le Père Boivineau revenait à la tribune, pour livrer ses orientations post-synodales, développées dans sa Lettre aux communautés chrétiennes datée du 11 octobre*, anniversaire de l’ouverture du Concile et début de l’Année de la foi voulue par Benoît XVI.


Son propos s’est articulé autour des trois défis qui traçaient déjà la feuille de route de la Démarche synodale : l’évangélisation, la proximité et l’animation des communautés.
► Notre évêque souhaite une Église qui vit de l’Évangile et qui l’annonce. Pour cela, il veut notamment mettre en place dans chaque doyenné - ou groupe de doyennés - une « école de la Parole », et aussi que chaque paroisse élabore, dans l’élan du synode, un « projet missionnaire », avec la participation de tous.
► Revenant sur la question de la proximité et du service de la charité, le Père Boivineau a évoqué la création d’une Antenne sociale, « permettant d’être attentifs à la vie des hommes et des femmes de chez nous », ainsi que d’une Maison de la famille, qui serait « à la fois un lieu de rencontre pour les mouvements acteurs de la Pastorale de la famille et un pôle d’accueil pour les personnes ayant besoin d’un aide ponctuelle, d’une orientation… »
► Objet d’une attention forte - « c’est le point sur lequel vous avez été le plus bavards ! », a souri notre évêque - l’animation des communautés nécessite d’avoir conscience que « dans un avenir très proche, nous devrons vivre autrement l’Église. »
Les pistes à creuser portent en premier sur l’assemblée dominicale : sachant que ne pourra être

garantie, dans le futur, une célébration eucharistique dominicale dans chaque paroisse, le Père Boivineau souhaite que l’on travaille des schémas de liturgie de la Parole : « Le service diocésain de la Pastorale liturgique fera des propositions. »
Toujours dans les années qui viennent, le ministère des prêtres va connaître de profonds changements : « Ils devront vivre leur ministère davantage sur le mode de l’itinérance ; cela suppose que les communautés apprennent à être responsables et que les prêtres ne s’épuisent pas en déplacements…»
 

Les initiatives se multipliant, le besoin d’animation en paroisse peut aussi porter sur des temps forts : cela nécessite un soutien, mission qui sera confiée à une Équipe missionnaire diocésaine, composée d’une vingtaine de laïcs, religieux, religieuses et prêtres, intervenant à la demande.
Mais, avait déjà averti le Père Boivineau dans le prologue de sa Lettre, « nous pourrons faire tous les ajustements institutionnels possibles, cela ne sera que coquille vide si ce n’est pas animé de l’intérieur. » Avancer en eau profonde, comme Jésus y appelle Pierre à Tibériade (et nous avec !), « c’est tenir ensemble l’ouverture missionnaire et l’approfondissement évangélique. » Dans cette plongée vers l’avenir, c’est la foi en Christ qui nous évitera toute tentation de repli.
 

Jean-François Degenne