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COP 22 à Marrakech

Pendant deux semaines tout au long de la COP22 à Marrakech, RCF et l'ONG Care s'associent pour faire mieux comprendre les enjeux de ce rendez-vous important pour le climat.. A écouter et réécouter sur RCF

FANNY PETITBON, DE L'ONG CARE, REVIENT SUR LES ENJEUX DE LA COP22, QUI S'OUVRE LUNDI 7 NOVEMBRE À MARRAKECH.

Quel est l’enjeu de cette COP ?

Il faut poursuivre la dynamique initiée l’année dernière c’est-à-dire rendre l’Accord de Paris opérationnel. Avant qu’il soit mis en place concrètement dans les prochaines années, les Etats doivent se mettent d’accord sur de nombreux détails techniques. Mais il ne faut pas se limiter à ces discussions qui visent le moyen terme, il faut accélérer l’action climatique avant 2020. Car si nous ne réduisons pas dès maintenant les émissions de gaz à effet de serre, nous n’arriverons pas à tenir l’objectif de l’Accord de Paris, c’est-à-dire limiter le réchauffement à 1,5°C. Pourquoi ce seuil ? Parce qu’au-delà, la biodiversité et les êtres humains ne pourront plus s’adapter. Et nous savons que le changement climatique est déjà en œuvre : de nombreuses populations sont déjà affectées par le changement climatique. Il n’y a donc pas de temps à perdre.

Quels sont les impacts déjà visibles ?

Malheureusement, ils sont nombreux. 2016 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée : en Inde, par exemple, les vagues de chaleur sont récurrentes et s’aggravent. Elles ont causé la mort de plus de 3000 personnes en 2 ans. Les catastrophes naturelles sont aussi plus fréquentes et intenses. Il suffit de regarder la dévastation causée à Haïti le mois dernier par l’ouragan Matthew pour comprendre la situation dramatique des populations les plus exposées au changement climatique.

Sur quels sujets les Etats doivent agir en priorité pour protéger les plus vulnérables ?

Ils sont nombreux : agriculture, adaptation aux chocs climatiques. Ce qui nous inquiète, c’est que de fortes divergences subsistent sur ces sujets majeurs pour les populations les plus vulnérables. Par exemple, il est urgent de définir les critères d’une agriculture qui permette de limiter et s’adapter au changement climatique, tout en assurant la sécurité alimentaire de tous. Les Etats s’opposent toujours sur les actions à mettre en place. Or, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre la prochaine COP et de perdre un an de travail.

Vous appelez donc les États à agir les plus rapidement possible...

Oui, il faut absolument en faire plus ces trois prochaines années si on veut protéger les vies et les moyens de subsistance de millions de personnes partout dans le monde. Selon une récente étude, 75 à 250 millions d’Africains seront exposés à un stress hydrique accru d’ici 2020, c’est-à-dire des conditions de santé fortement dégradées et une situation alimentaire critique car il n’y aura pas assez d’eau pour les cultures agricoles.

Mais la question n’est pas seulement de savoir que les Etats vont faire pour limiter les impacts climatiques mais aussi comment ils vont agir. L’urgence ne doit pas justifier toutes les solutions. Des actions climatiques qui contribueraient à accroître les inégalités n’auraient aucun sens. Par exemple, un barrage hydroélectrique de grande ampleur émet peu de carbone mais peut conduire à des inondations de zones, des pertes de culture ou des déplacements de populations. Il faut absolument prendre en compte le respect des droits humains dans nos actions.