Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Paroisse Saint-Jean-Baptiste en Chablais Paroisse Saint-Jean-Baptiste en Chablais

DOUVAINE

Église consacrée à Saint Loup

Un peu d’Histoire 

Tirée du livre "Histoire des Communes du Chablais" 
de Mr H.Baud et Mr J.Y.Mariotte
édité en 1980 aux éditions Horvath

La première mention de Douvaine apparaît dans une bulle du pape Eugène III de 1153. La paroisse, qui a pour patron saint Loup, évêque de Troyes (mort en 479), est desservie par un prieuré bénédictin dépendant de Saint Jean de Genève, monastère qui relève lui-même de l'abbaye d’Ainay. Le prieur qui le plus souvent ne réside pas, est tenu d'y entretenir un religieux chargé de toutes les fonctions paroissiales.

La paroisse a pour annexe l'église de Loisin, dont la charge est également confiée à un prêtre séculier ayant le titre de vicaire et nommé par le prieur.

Les revenus du prieuré semblent importants. Installé dans une maison-forte avec tour carrée de quarante pieds de hauteur (environ 13 m) qui fut démolie en 1823, il possède des terres d'une grande étendue, sur lesquelles il perçoit les amendes, les corvées, les droits de messellerie (garde des moissons), l'impôt sur les bêtes de somme et sur les peaux.

Sont à la charge du prieur l'entretien du curé de la paroisse, de l'église, la redevance due à l'abbaye d'Ainay. II doit en outre distribuer aux pauvres annuellement douze coupes de blé, mesure de Ballaison (732 kg). Enfin, il est redevable au chapitre de Genève d'une redevance annuelle de quarante pains et d'un setier (54 L 13cl) de piment.

Au début du XIV° siècle, le paiement de cette redevance se faisant de façon irrégulière, chanoines et prieur convinrent de soumettre le différend à un arbitrage confié au doyen d'Aubonne, Bernard d'Yvoire et au doyen d'Allinges, Jean de Rossillon.

Le 5 mars 1311, les deux arbitres décidèrent de convertir la redevance en nature, en une rente de 60 sous, monnaie de Genève.

Deux prieurs de Douvaine eurent des destinées particulièrement brillantes: de 1473 à 1403, Aymon de Montfalcon qui fut nommé évêque de Lausanne en 1491. Il céda peu après son prieuré (1493) au cardinal Julien de la Revête qui devint le pape Jules II en 1503. Bien entendu, ils furent des prieurs commendataires et ne résidèrent pas.

Les visites pastorales nous font connaître les prêtres nommés par le prieur et chargés des fonctions de curé, de même que la population de la paroisse au moyen âge. En 1413, Douvaine et son annexe comptent 140 feux (respectivement 85 et 55) qui iront en diminuant jusqu'au milieu du XVIe siècle. (Douvain, 70 en 1443, 64 en 1481, 60 en 1518). La paroisse atteindra 78 feux en 1568.

Vie religieuse après la Réforme - La nouvelle église

Dès l'occupation bernoise un ministre protestant fut installé à Douvaine, où il occupa le prieuré. En 1557, le titulaire, parce qu'il enseignait la doctrine de la prédestination de Calvin, fut destitué ainsi que les pasteurs de Massongy, Loisin et Hermance. Après le retour au catholicisme, le prieuré échut à un prêtre éminent Révérend Claude d'Angeville qui fut chargé par Mgr de Gravier de la réorganisation des paroisses du Chablais. Il fut le dernier prieur commendataire de Douvaine. Quant au curé, le chanoine Claude Grandis, il était docteur en théologie et fort estimé de François de Sales. II restaura l'église et le presbytère de sa paroisse et accepta la séparation de celle de Loisin en 1602. Mais l'insuffisance des ressources de cette dernière nécessita dès 1608 leur réunion.

De 1751 à 1758, la cure de Douvaine fut occupée par l'abbé J.P. Biord qui y marqua profondément son passage et devint évêque de Genève-Annecy en 1764.

L'église, qui était autrefois le centre du village, a été reconstruite en 1876-1877 dans le style pseudo-gothique avec des chapiteaux pseudo-romans. Le clocher primitif a par contre été conservé et remonterait au X° siècle.

Peu auparavant, en 1875, la population de Douvaine avait élevé sur la colline du Chàtelard une statue de la Vierge, dans l'espoir d'être préservée du phylloxéra qui ravageait alors les vignes. Effectivement, les vignobles de Douvaine furent relativement épargnés

C’est également en 1875 que le père Joseph, curé de Saint-Joseph-de-Genève, fonda à Douvaine un orphelinat-ferme-école.