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François de Sales

Saint patron des journalistes et du diocèse d'Annecy, il est aussi le saint patron de la paroisse Saint-François en Chablais.

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Naissance et formation

François de Sales, fils de François de Boisy et de Françoise de Sionnaz, naît le 21 août 1567 à Sales, près de Thorens, dans le duché de Savoie. De ses premières années, il gardera une profonde confiance en la bonté et l’amour de Dieu. Son père, qui a des ambitions pour lui, l’envoie, dès 6 ans, au collège de La Roche, puis à Annecy, au collège Chappuisien. A 11 ans, il est à Paris au collège de Clermont tenu par les jésuites pour faire ses humanités. 

Fin du XVIe siècle, Paris est en effervescence. François y découvre l’attirance de la Cour, les intrigues politiques, la vie des étudiants, pas tous des modèles de sérieux et de piété. Il traverse sa propre crise d’adolescence et doit vivre avec la profonde sensibilité de son coeur, confrontée à sa vie de foi et de prière. Fort et faible, il reste un jeune homme de son temps avec ses découvertes du monde et de la vie, ses combats et ses efforts pour se découvrir et tracer son chemin. C’est à travers ces turbulences qu’un violent combat se déchaîne en lui-même entre décembre 1586 et janvier 1587. La question de la prédestination entraine chez lui une tentation de désespoir contre « l’espérance d’être sauvé ». Suis-je du nombre de ceux que Dieu veut sauver ou suis-je destiné à la damnation éternelle ? François est saisi par l’angoisse, ne mange et ne dort plus. Un jour il entre prier la Vierge Marie dans l’église Notre-Dame des Grès et est guéri instantanément. Il fait un acte d’abandon en l’amour de Dieu : « Quoiqu’il arrive … je vous aimerai, Seigneur, au moins en cette vie, s’il ne m’est pas donné de vous aimer dans la vie éternelle ». La crise resurgit à Padoue où il poursuit des études en droit civil et canonique. Fin 1590, malade, fièvre et dysenterie, il est aux portes de la mort. À nouveau il se croit damné ! Tout lui paraît dérisoire, privé de sens, s’il doit être éternellement privé de Dieu. Il s’abandonne à nouveau à la seule volonté de Dieu dans un acte maintenant total de foi et d’amour qui va conditionner toute sa vie, colorer chacun de ses actes, de ses écrits, de ses paroles. Il fait librement, mais non sans combat, le choix du pur amour. Le 8 septembre 1591, il est reçu solennellement « Docteur en droit civil et canonique », avec les éloges unanimes du jury.

François revient en Savoie en février 1592, après avoir visité Lorette et Ancône, mais sans avoir pu aller à Rome, ayant rencontré des brigands en chemin. Son père l’accueille en triomphe. Il lui a aménagé une bibliothèque et arrangé un mariage. Par obéissance, il s’inscrit au barreau de Chambéry et consent à faire connaissance avec « sa fiancée ». L’entrevue est glaciale ! Voici que, providentiellement, la charge de prévôt (aujourd’hui vicaire général) est disponible. L’évêque, au courant de la vocation de François, demande à Rome de la lui accorder. Monsieur de Boisy, parce que le prévôt est le deuxième personnage du diocèse, cède et acquiesce le 9 mai 1593. Le lendemain 10 mai, François revêt la soutane, puis en quelques mois les ordres mineurs et le diaconat et est ordonné prźtre le 18 décembre 1593 !

François en chablais

À la fin du XVIe siècle, Genève est un haut lieu de la Réforme protestante. Le Chablais tout proche est occupé par les protestants. L’évêque de Genève, Claude de Granier, en exil à Annecy, et le duc de Savoie, Charles-Emmanuel, veulent reconquérir Genève selon l’adage : « Une foi, un roi, une loi ». Le père de François a une position ferme : « Comment voulez-vous que je sois d’une religion qui est plus jeune que moi de vingt ans ! ». A Noël 1593, François de Sales prononce un sermon, appelé « Harangue pour la prévôté », où il dévoile l’action apostolique qu’il suivra toute sa vie. Il invite à une croisade avec des armes spirituelles : conversion du coeur, prière, charité et exemple de vie. Prêtre de terrain, il met ce discours en actes : il catéchise, prêche, confesse, visite les pauvres et les malades et vit pauvrement, tout en aidant les plus pauvres que lui.

En septembre 1594, il part pour le Chablais avec son cousin prêtre, Louis de Sales, et découvre un pays dont les églises sont saccagées, les croix brisées, les châteaux dévastés. Le 14, ils arrivent à la forteresse des Allinges, seul bastion catholique. François prononce son premier sermon à Thonon le 18. Quelques-uns des rares catholiques l’écoutent, des protestants sont aux portes ou aux fenêtres. Les ministres protestants persuadent alors le peuple de se méfier de lui et l’accusent d’être faux prophète, idolâtre et sorcier.

Début 1595, François écrit et glisse sous les portes de courts traités de la foi catholique, réunis dès 1597 dans le livre des Controverses et qui feront de lui le patron des journalistes ! Il décide très vite de vivre à Thonon où sa présence donne courage et espérance aux catholiques. Premier succès le 19 février 1596 : la conversion d’un notable, Antoine d’Avully. A Noël, François célèbre pour la première fois la messe dans l’église Saint- Hippolyte. Le véritable temps de la mission du Chablais s’achève alors. Place au retour des curés, des communautés religieuses, aux manifestations populaires autour du culte eucharistique, comme, en septembre 1597, les Quarante-Heures d’Annemasse, aux portes de Genève [deux jours de fête avec processions, sermons, chants religieux et populaires, détonations d’armes (arquebuses). Le Saint Sacrement est exposé en permanenc et on dresse de grandes croix].
La politique reprend vite le dessus. En octobre 1598, le duc de Savoie préside les Quarante-Heures de Thonon et présente François de Sales au cardinal-légat de Médicis (futur pape Léon XI) par ces mots élogieux : « Monseigneur, celui que je vous présente, c’est l’apôtre du Chablais ; vous voyez un homme béni de Dieu et envoyé du ciel à nous qui, enflammé d’un très grand zèle du salut des âmes, non sans un grand péril de sa
vie, est venu tout premier hardiment en cette province, y a épanché la parole de Dieu, a planté la croix de Notre Seigneur. De moi, j’ai apporté ici mon épée pour seconder ses saintes entreprises ; mais il n’y a personne qui puisse nier que toute la louange de cette bonne oeuvre ne lui soit due ».

François, évêque

En 1599, François de Sales est nommé évêque-coadjuteur de Genève. En 1602, il effectue un voyage à Paris où il connaît un succès personnel considérable. Il prêche, conseille, est reçu dans les monastères, à la Cour du Roi. Il fréquente le « salon » de Madame Acarie qui oeuvre pour l’introduction du Carmel réformé en France. Le roi de France Henri IV lui demande de rester. Il refuse : « Je suis savoyard de naissance et d’obligation ». Il apprend au retour à Lyon le décès de Mgr de Granier. Désormais Prince-évêque de Genève, il choisit d’être sacré évêque à Thorens, le 8 décembre 1602, en l’église de son baptême.

François vit dans une époque postconciliaire très semblable à la nôtre et est soucieux de faire connaître et appliquer le Concile de Trente. Il séduit ses contemporains par sa foi et sa charité, toujours inventives et marquées par une confiance totale en Dieu et en l’homme. Il s’intéresse à la vie politique et économique de la Savoie, qu’il aime et sert, mettant au centre la dignité de l’homme, la noblesse de son travail, la justice et la paix. Pédagogue, catéchiste, directeur spirituel, éducateur, il s’adresse à tous, dans tous les états de vie et situations sociales. 

François veut promouvoir dans les coeurs de tous, laïcs, prêtres, religieuses et religieux, « la dévotion » « fleur de l’amour » pour aider chacun à tendre vers la perfection chrétienne. Dès 1602, il rédige de courts billets spirituels pour Louise de Charmoisy qui a juste vingt ans. Début 1608, Louise allant à Chambéry, François la recommande au Père Fourier qui invite François à faire de ces billets un livre. L’Introduction à la vie dévote paraît en décembre 1608 et devient vite un best-seller chez les catholiques comme chez les protestants. En août 1616, François publie aussi le Traité de l’Amour de Dieu qu’il prépare depuis douze ans : l’Amour de Dieu est au centre de sa pensée, de sa vie, de son action. Il n’y a qu’une seule et unique solution à tout : apprendre aux hommes à aimer Dieu de tout son coeur et le prochain comme soimême pour l’amour de Dieu. Vivre en somme avec sincérité son acte de charité.

En 1606, François de Sales et son ami Antoine Favre, président du Conseil du Genevois, cré

ent une société de savants et de lettrés, l’Académie Florimontane qui connait, par leur personnalité, un rayonnement considérable. Avec Jeanne de Chantal qu’il rencontre en 1604 à Dijon, il est le co-fondateur, en 1610, d’un ordre religieux original, la Visitation Sainte Marie, qui aura de son temps un rayonnement considérable (voir série n° 1, fiches 1. 5 et 1.6).

En 1618, François reçoit à nouveau un accueil triomphal à Paris. Il confie à Vincent de Paul la direction spirituelle de la Visitation de Paris. Il n’a qu’un désir, revenir à Annecy, confier son évêché à son frère Jean-François, déjà coadjuteur, et se retirer dans la solitude, à Saint-Germain sur Talloires, pour prier et écrire. En 1621, sa santé se détériore. En 1622, le duc de Savoie lui demande de l’accompagner à Avignon. Au retour, atteint sans doute d’une pleurésie, il meurt à Lyon le 28 décembre 1622. François