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Dingy Solidarité Accueil

L'association Dingy Solidarité Accueil a été créée suite à l'appel du pape François aux chrétiens au sujet des migrants.

Témoignage d’une adhérente de DINGY SOLIDARITE ACCUEIL

Après l’appel du Pape François en septembre 2015, et encore toute imprégnée de notre célébration du 6 septembre qui nous invitait à ouvrir nos oreilles, notre bouche et nos mains,  j’ai accueilli la  proposition d’accueil de notre petite communauté chrétienne avec beaucoup de joie et de bonne volonté pour aider.

Seule,  je me sentais  impuissante  face à la situation des migrants et des personnes en grande précarité.  En groupe cela devenait possible.

C’était comme une évidence de répondre à ces appels.

Je sens que c’est le début de quelque chose qui va donner un autre sens à ma vie et me permettre de mettre ma toute petite pierre à l’édifice.

Je me suis soudain sentie soulagée : de spectateur, je devenais acteur.

C’était comme quelque chose qui sommeillait en moi et qui se réveillait comme poussé par une grande force intérieure.

Lors de nos accueils et dans nos échanges de regards,  je suis très touchée par  les yeux de ces personnes qui brillent de reconnaissance.

Je suis émue par tant de confiance

Ils sont bien souvent souriants et plein d’espoir malgré le poids de leurs soucis.

Cela me touche au plus profond de mon être et paradoxalement me tourner vers eux m’emplit de bonheur : le bonheur de me rendre utile, de les accueillir, de leur faire retrouver un peu de dignité, de les sentir en sécurité, le bonheur de partager des moments conviviaux en famille, dans le village, entre amis, et aussi le bonheur  de leur apporter soutien et bienveillance.

Leur rendre service me rend heureuse tout simplement et être heureuse me pousse à plus de services. J’ai envie de les soutenir, d’être attentive à leurs besoins, à leurs souhaits, à leurs désirs.

Je suis heureuse de voir leur visage s’illuminer au moindre service rendu ou au moindre regard.

En vivant près d’eux,  je me détache de plus en plus de tout ce qui est matériel et m’aperçois à quel point ce dernier peut  nous envahir et nous encombrer aussi bien moralement que concrètement.

J’ai appris  à écouter la douleur et la souffrance en essayant de ne pas me laisser envahir par les émotions

J’ai appris aussi en vivant près d’eux à rester discrète, à ne pas envahir leur vie et à respecter  leur intimité, leurs idées, leurs  convictions, leur religion. C’est un véritable échange de culture.

Depuis que je vis  en plein cœur de ces accueils, mon regard sur les personnes en grande précarité a changé : j’avais peur de les aborder, peur de discuter et mon regard était fuyant et toujours avec cette remise en question : que fais-tu pour eux et pour que leur situation change ?       Je me surprends aujourd’hui à les aborder dans la rue avec beaucoup de compassion et me rends compte que ce sont eux qui vivent dans la peur : la peur d’être ramenés à la frontière, la peur de ne pas avoir un toit pour la nuit, etc…

La constitution en association et le partage de nos convictions et de nos valeurs m’ont rendue encore plus solidaire. Même si parfois nos idées divergent, nos valeurs restent les mêmes ; C’est ce sentiment d’unité et de responsabilité commune, ce regard juste et fraternel sur les hommes et les femmes qui croisent notre route,  qui font notre force.

Nous vivons une belle chaine de solidarité entre tous et autour de la personne : aide aux courses, à la cuisine, aux A/R en voiture, etc... C’est ce mouvement de groupe et ce lien fraternel qui nous unit qui me plaisent.

J’apprends à vivre au jour le jour et à apprécier l’instant présent avec eux et pour eux

La solidarité a pris un tout autre sens dès l’instant où je me suis impliquée.