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La J.O.C.

Jeunesse Ouvrière Chrétienne

Logo JOCJ.O.C. : Jeunesse Ouvrière Catholique
Des jeunes en marche !=

Roger Fontaine, prêtre auprès de la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) 

P.Roger Fontaine.jpgLe père Roger Fontaine a vécu des années à la Sardagne, aujourd’hui, il réside à Bonneville. Vous l’avez peut-être rencontré lors d’une eucharistie dans notre paroisse, où il donne volontiers un coup de main à l’occasion. Mais c’est dans son engagement auprès des jeunes ouvriers que vous avez le plus de chances de le croiser, notamment dans son engagement à la JOC. Comment lui est venue cette vocation auprès des jeunes ?
« Vivre avec » - Roger a eu la chance de rencontrer deux prêtres engagés dans la JOC, lors de sa première année de son sacerdoce. « ils auraient pu garder leurs équipes pour eux, mais ils m’ont proposé de démarrer mon ministère avec des choses concrètes, avec un groupe d’apprentis. Cette expérience a tracé ma route, avec eux, j’ai découvert que l’important, c’était d’être avec les gens ». Être avec… Cela a permis au Père Roger de découvrir, que vivre la proximité avec ces jeunes, c’était vivre à la manière du Christ. « pour moi, ce « vivre avec » est essentiel. ( …)Quand un jeune qui n’a pas de voiture me demande de l’emmener au travail, c’est une marque de confiance pour moi. Ça veut dire qu’il n’est pas gêné avec moi. Je le fais volontiers. Ça peut paraitre une perte de temps mais ce moment gratuit est plutôt un cadeau, une joie. « Qui donne sa vie, gagne en bonheur ».
« Aller vers » - Ce « aller vers » est un pilier de la JOC. Ce n’est jamais évident d’aller vers les autres. Ça s’apprend, il faut du courage ! Oser parler à des copains, s’intéresser à ce qu’ils disent, à ce qu’ils vivent, faire attention à eux, les écouter, c’est tout un art… En un mot, c’est apprendre à aimer, c’est laisser résonner l’appel de l’Evangile ! « Il faut souvent des années pour commencer à en découvrir toute l’importance et dans ce domaine on n’a jamais fini d’apprendre et de grandir. C’est le chemin de la solidarité et de la fraternité. Mais comme c’est beau de voir des jeunes s’ouvrir à leurs copains, devenir plus attentifs, plus responsables, se bouger… »
« Relire sa vie » - La JOC, ce sont de petites équipes qui se forment, où chacun accepte de partager avec d’autres, pour percevoir ce qui se passe dans son quotidien. (…) ; La relecture, c’est une véritable clé de croissance pour les jeunes. Elle ouvre des portes. En relisant leur vie les jeunes découvrent ce qui est beau dans leur vie, leurs petits pas, leurs avancées, leurs qualités. « Ils prennent conscience de leurs capacités. Ils acquièrent des compétences (prendre la parole). Les Révisions de Vie, de plus en plus vraies au fil des années, de plus en plus profondes, leur donnent confiance en eux-mêmes et dans les autres…La foi ne passe-t-elle pas souvent par l’expérience de la confiance…Par la relecture certains jeunes trouvent un sens à leur vie, et d’autres, tout doucement, y perçoivent aussi la présence du Christ, un Christ tout proche d’eux, dans leur vie, qui agit avec eux… Enfin je dirais volontiers que la relecture permet aux petits miracles quotidiens de ne pas tomber dans les oubliettes et donnent à ceux qui les perçoivent la joie de s’en émerveiller, de dire MERCI et de continuer de progresser »

Aider les jeunes à se dire entre eux ce qui les marque, en tant que jeunes des milieux populaires, les aider à en découvrir les causes, c’est les aider à voir « clair » et à se faire une opinion. « Pourquoi tant de jeunes ne mangent-ils pas à leur faim tous les jours ??? Pourquoi faut-il tant galérer pour passer le permis de conduire. » Pourquoi certains jeunes sont-ils obligés d’emprunter pour payer leurs études ou pour acheter une voiture, indispensable pour aller au boulot ou pour en chercher? » En discutant, les jeunes prennent conscience que quelque chose ne va pas dans la société. La crise a bon dos ! Les jeunes se rendent bien compte que ce sont eux qui trinquent le plus et qu’il serait grand temps qu’on les écoute ». Se faire une opinion, oser l’exprimer, se faire entendre, c’est faire de la politique, de la vraie… « Celui qui ne parle pas, subit » 

Pour conclure…
Je dirais que la JOC m’a beaucoup appris. Au fil des années il me semble avoir « un peu » découvert, l’Essentiel : « aimer », « apprendre à aimer »Tout baptisé doit en faire l’apprentissage. Le prêtre, à mon avis doit briller un peu plus, afin d’indiquer ce chemin de l’amour, par sa manière de vivre tout autant que par ses paroles. Impossible d’accompagner des jeunes, si on le les aime pas. D’ailleurs ils le sentent très rapidement. Aimer les jeunes c’est les accueillir tels qu’ils sont et les écouter avec la patience de Dieu…Souvent les jeunes ont l’impression de ne pas compter vraiment. En JOC ils découvrent un lieu où ils se sentent accueillis, où ils peuvent parler librement, et où ils se sentent écoutés. « C’est la timide Adeline qui aime dire : « à la JOC j’ose parler, on m’écoute ». Pour moi, prêtre-accompagnateur, accueillir, écouter les jeunes, c’est redire inlassablement avec le Père Joseph Cardijn, fondateur de la JOC: « Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde, parce qu’il est fils de Dieu »

Propos recueillis par Jean et Chantal

JOC : Sur les chemins du monde

Hervé Seigneret a 27 ans, il habite au Reposoir. C’est là qu’il a trouvé un loyer raisonnable quand il est venu s’installer.

Pérégrinations au fil de la région
« Je suis originaire de Savoie, c’est là que mon père s’est installé quand il est arrivé en tant qu’ouvrier agricole pour des silos à grains ». (…). Hervé est resté proche du Curé de son ancienne paroisse avec lequel il aimait s’entretenir de différents sujets. C’est lui qui lui a donné le goût de la mission ouvrière. « il était beaucoup investi dans la JOC, la Savoie est marquée par la mouvance ouvrière ». Cela explique son attrait particulier pour ces mouvements proches du milieu ouvrier.
Aujourd’hui animateur de la JOC, Hervé anime actuellement une petite équipe d’adolescents, en lien avec le Père Roger Fontaine : Les jeunes apprennent à prendre leur propre parole en main, pour devenir adultes. Ils sont tous en lycée technique. 
« Je les aide à réagir sur ce qu’ils vivent. La JOC veille à respecter la personne et ses croyances. On met longtemps avant de parler du Christ. Pour ma part, je joue le jeu de respecter ce qui m’est demandé. Je ne suis pas la pour faire du caté, n’empêche, c’est bien l’Église qui m’appelle à cette présence ». Et Hervé de continuer : « Dieu se retire de nos vies pour qu’on les prenne en main mais il marche à nos côtés ! » Hervé voit son accompagnement un peu comme le Christ auprès des compagnons d’Emmaüs : « Nous avons en main un morceau de pain,(…) Pas besoin de parler, nous vivons la foi sans forcément en avoir conscience, jusqu’au jour où on Le reconnait ».

Un accompagnement discret
Pour Hervé, accompagner, c’est laisser une grosse part au silence. « Une part d’oreille et d’écoute, la parole finit par naitre du silence. Pour moi, c’est le plus important. Accompagner, c’est une bouche qui se tait beaucoup ». Ne pas avoir peur du silence ! Et il s’émerveille du changement chez ces jeunes. « Nous sommes allés récemment à un week-end à Nandax dans la Loire, 200 jeunes sur le thème “avenir en chantier”. J’ai trouvé que mon petit groupe avait beaucoup évolué. Ils osent aller à la rencontre des autres ». C’est quelque chose de précieux pour des jeunes qui s’apprêtent à « quitter le nid » : Trouver de quoi s’appuyer sur eux-mêmes ! Et Hervé de poursuivre : « Nous n’avons pas tous le même héritage, le premier réflexe en quittant la maison peut être de se renfermer. La JOC vaut la peine d’être connue et vécue pour cela. Inventer ce qui va nous permettre d’avancer ! »

Prière : 

« Si tu ralentis, ils s’arrêtent,
Si tu faiblis, ils flanchent
Si tu t’assois, ils se couchent.
Si tu doutes, ils désespèrent
Si tu ne vas pas au devant d’eux, ils ne viendront pas,
Si tu ne crois pas eux, ils ne se mettront pas debout,
Si tu marches devant, ils te dépasseront,
Si tu donnes la main, ils seront solidaires,
Si tu pries, alors ils seront des Fils de Dieu! 
J’ai commencé avec un, avec deux, avec trois…
J’ai commencé tant de fois!
Et je recommence tous les jours!
Il faut savoir recommencer,
Toujours recommencer! »

Cardinal Joseph Cardjin,