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Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve

Le cadeau de la Vie

Nous sommes toujours un peu surpris et émerveillés par le nombre d’adultes qui demandent le baptême dans le monde. Ils sont des milliers chaque année en France. Dans notre paroisse ils sont deux à avoir reçu ce beau sacrement lors de la veillée pascale. Rencontre avec l’un d’eux, Jacques qui arrive au grand jour…

Jacques

Le temps de la maturation

Jacques est originaire de Côte d’Ivoire, il est en France depuis une vingtaine d’années. Il travaille au Foyer des Jeunes travailleurs de Cluses.  « J’avais toujours reporté ma demande de baptême même si j’avais fréquenté le catéchisme dans mon pays d’origine. Et puis au foyer, nous parlons souvent de notre foi avec ma patronne, qui est chrétienne. Un jour elle a été surprise que je ne sois pas baptisé avec toutes mes connaissances des Ecritures…  De même, mon parrain, Armand Agnès me parlait de Dieu et m’a beaucoup encouragé… J’ai fini par pousser la porte de l’Eglise un après midi ».

Un grand déclencheur
« Avec mon épouse, nous n’arrivions pas à avoir d’enfant depuis des années. La médecine, les essais en tout genre n’y avaient rien changé…  Je croyais pourtant que Dieu me donnerait un enfant. Aux moqueries des gens je répondais par un sourire, jamais par la violence. Et puis un jour, nous étions à Paris, nous sommes entrés dans la basilique Montmartre. Nous voulions prier ensemble.  Nous avons acheté chacun deux grandes bougies, puis nous sommes partis chacun de notre côté dans l’église. Emilienne s’est dirigée plutôt du côté de la vierge Marie, moi j’ai « attaqué » par le Christ. Puis je suis allé voir l’apôtre Pierre. Nous sommes restés des heures et des heures ! En priant, petit à petit, je me suis rendu compte que j’étais inspiré. Je n’avais jamais prié autant. J’ai demandé au Christ de m’aider, dans ma famille tout le monde avait des enfants et pas moi. Je lui demandais qu’il me montre sa puissance ! »

Un départ différé
Nous commencions à être très fatigués mon épouse et moi. Nous allions quitter la basilique Montmartre, quand un homme nous a dit que si nous restions, c’était l’heure de la messe. Alors nous avons décidé de rester… C’était une messe pas comme les autres. J’entends souvent dire « j’ai vu le Christ » et je ne croyais pas ces personnes. Mais durant cette messe là… J’étais allé à de nombreuses messes depuis tout petit, mais là j’ai senti pour de vrai que le Christ était là.  Et mon épouse voyait la même chose. C’était quelque chose de très fort, une présence puissante ! Nous avons continué de prier et de demander pardon, tous les deux. « Jésus tu es le seul qui peut nous sortir d’affaire ! »

Une certitude
en sortant, nous avons acheté deux petites bibles reliées de cuir. J’ai dit à ma femme que j’étais persuadé que nous aurions cet enfant. « Il va le faire ! » Cela a fait rire Emilienne, un peu comme le rire de Sara avec Abraham ! Les signes sont venus quatre mois plus tard : Mon épouse m’a envoyé une photo de l’échographie sur mon téléphone portable ! Nous pleurions tous les deux. Le médecin croyait que c’était une mauvaise nouvelle, moi je n’arrivais pas à le dire tout de suite… Notre fille est née le premier janvier 2012 à minuit dix. C’était le premier bébé de l’hôpital Lariboisière dans le dixième arrondissement à Paris ! Nous étions tellement heureux.

Colombebleu xl800Le prénom
Il fallait trouver un prénom qui ait un sens profond pour nous… Nous avons longtemps réfléchi puis ma femme a trouvé : elle s’appellerait Divine Colombe, pour Dieu, la paix, la joie, on ne pouvait pas trouver mieux.

La promesse
 Aujourd’hui, ma fille est née  et je n’ai pas oublié ma promesse. J’avais promis au Christ de témoigner, de me faire baptiser, d’ouvrir mon cœur, de marcher désormais en m’inspirant de sa Parole. Je suis venu demander le baptême, plein de reconnaissance et prêt à Le glorifier. Lors de l’appel décisif, devant l’évêque, c’est avec force que j’ai pu dire « me voici ! » et partout où je vais, j’essaie de parler du Christ. Dès que je sens une opportunité, je m’engouffre, j’essaie de passer la bonne nouvelle.

La prière compte beaucoup pour moi.
Souvent, je dis au Seigneur, « je suis ton enfant, je suis à ton écoute, je compte sur ta force, quand je fais un pas aide moi pour faire le deuxième, moi qui ai des yeux mais qui ne vois pas ! ». Ma prière m’a aussi permis de comprendre comment j’avais vécu tous ces évènements. Je me suis dit que c’est arrivé parce que je n’avais pas été pris par le temps. J’ai compris qu’avec le Christ, il ne faut pas être pressé. Ce n’est pas deux trois minutes… Avec la précipitation, tu risques d’arrêter avant que la mayonnaise ne prenne ! Si tu prends du temps pour le Christ, Lui fera de même pour toi. Il faut beaucoup donner et en donnant tout, tu n’es jamais perdant.  Tu reçois plus que tu n’espérais. Il faut sortir de notre réflexion terrestre, du cocon où nous croyons tout savoir. Nous voyons petit ! Nous sommes propriétaires de la terre entière ! Et nous, nous réduisons notre périmètre alors que Dieu nous donne tout…

Un message aux savoyards
Nous, anciens étrangers, nous avons tendance à vous trouver renfermés. En fait pas du tout. Si tu te comportes bien, si tu les respectes, ils s’ouvrent. Ceux qui croient qu’il y a du racisme se trompent. Mais il faut apprendre à se connaitre, faire le premier pas, avoir un comportement d’ouverture parce qu’ils sont lents à l’allumage mais ensuite c’est formidable ! Quand la confiance est là, elle est réelle, vraie, c’est du roc. Il faut mériter la confiance, après tu es tranquille, c’est même eux qui te protègent, te font connaitre leurs amis… tout est histoire de confiance. Il y a des codes à respecter. Et une fois présentés, cela ouvre les portes, nous avons tout à y gagner. 

Je veux remercier mon épouse, Emilienne Kouassi, mais aussi Isabelle Guillarme et Chantal, mes collègues de travail et  Armand Agnès mon parrain. Enfin, quelqu’un qui compte beaucoup pour moi dans mon chemin de foi Michel Benoit mon grand frère.

Propos de Konan Jacques BA recueillis par Chantal Gaillard