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Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve

Chantez Priez, célébrez...

Rencontre des chefs de chœur de la paroisse Saint-Bruno (Cluses). Philippe, Françoise, Gérard, Chantal, Flavio, Bernard se connaissent depuis longtemps… Depuis l’inauguration de la paroisse Saint Bruno, ils ne manquent pas les occasions de préparer ensemble les grands évènements ou de se contacter pour se faire remplacer en cas d’absence de l’un ou de l’autre. Comment vivent-ils la charge qui est la leur ?

 

dscf1634-chefs-de-choeurs-1.jpgQuel est votre rôle en tant que chefs de chœur ?


- Gérard : les gens ont besoin de quelqu’un qui les guide. Il suffit de pas grand-chose ! Des chants un peu connus et nous ressentons une grande joie quand nous voyons que l’assemblée chante avec nous.
-  Bernard : nous chantons parfois à l’unisson parce que nous ne sommes pas assez nombreux, mais quand il y a plusieurs voix, c’est beau.
- Françoise : c’est vrai, que quelques voix d’hommes dans la chorale, ça se connait. C’est un plaisir. On ressent une force pour soutenir l’assemblée.

Comment avez-vous commencé ?

- Chantal : C’est facile, c’était, il y a 22 ans, l’année de naissance de mes enfants… Je faisais partie du groupe « joie » et quand je suis arrivée aux Carroz, une dame m’a appelée. Je refusais, et un jour il n’y avait vraiment personne… j’ai commencé ! Je ne le regrette pas, même si cela demande du temps et de l’investissement. Puis je me suis formée. J’ai fait partie durant trois ans de la Commission Diocésaine de Musique Liturgique. J’ai vu qu’il y avait deux courants : ceux qui veulent avant tout la perfection, une liturgie impeccable, et puis ceux qui recherchent en priorité la participation de l’assemblée. Comme pour bien des  choses, l’idéal se situe un peu au centre de ces deux tendances, mais je me sens plus proche de la deuxième catégorie 
- Gérard : être chef de chœur, ça s’apprend. C’est tout un ensemble : il y a des mouvements. N’être pas trop carré, avoir une certaine souplesse dans le geste…  C’est important d’avoir un geste qui rassemble, un regard qui invite. L’église est grande, il est important de regarder partout !


chantal-article-chorales.jpgChantal,  vous êtes chef de chœur aux Carroz...


La spécificité des Carroz, ce sont les nombreux touristes qui rejoignent nos bancs pour chanter avec nous. C’est  la joie d’avoir des assemblées super vivantes. Des personnes en vacances qui s’investissent chez eux, nous apportent leurs richesses, leur jeunesse... A la sortie de la messe, nous restons pour de belles discussions. Les habitants du village en ont l’habitude. C’est sur qu’ils nous apportent un certain dynamisme !

Etre chef de chœur c’est exprimer sa foi, d’une certaine manière ?


- Bernard : La musique est un langage universel. Quand on chante, on exprime sa foi, bien sur. Et puis cela demande un effort physique, du souffle, de la voix ! Un ensemble de voix, c’est beau.
Gérard : Parfois des gens venant d’ailleurs viennent nous voir pour avoir une partition. Ils ont été touchés par notre chant. C’est sur qu’une chorale qui chante bien ensemble aide à prier. Elle porte la prière, ce n’est pas un concert           
- Françoise : Notre corps dit quelque chose de notre foi : par exemple, il ne faut pas avoir une tête d’enterrement : quand nous chantons l’alléluia. L’alléluia, c’est joyeux, en affichant notre joie, nous la communiquons. C’est très important. Alors nous nous sentons portés.

Vous arrivez parfois à mettre votre programme en commun ?


Gérard : Nous avons encore à  avancer de ce côté-là, pour choisir des chants qui seraient chantés dans toute la paroisse. Nous le faisons occasionnellement par exemple pour avoir le même chant d’entrée lors des messes de l’avent ou de carême.
- Françoise : Nous aimons particulièrement quand nous pouvons prendre le temps de répéter ensemble après avoir préparé en communauté.

Chantal, en tant que membre de l’EAP, vous nous dites que l’EAP et les prêtres aimeraient voir avancer ce programme commun…

Oui, nous avons un soucis d’économies en général. Par exemple, toutes ces feuilles de chants photocopiées chaque semaine…  Nous aimerions que les chorales se regroupent  plus souvent  pour établir un programme de chants pour toute la paroisse et pour un temps donné. Par exemple, nous allons faire une seule feuille pour tous les dimanches du temps de l’avent. Nous pourrons renouveler cette expérience pour Carême, et pourquoi pas lors d’autres occasions ?

C’est parfois une lourde charge d’être chef de chœur…

- Bernard : Oui, cela demande un gros travail en amont, pour le choix des chants, pour préparer les partitions, pour entrainer ceux qui vont chanter le psaume.
- Françoise : cela me stresse énormément. J’ai parfois l’impression de moins suivre la messe tellement je suis concentrée. Je languis que tel chant soit passé, et puis ça passe ! C’est un soulagement à la fin. De toute manière, nous ne faisons pas cela pour notre gloire personnelle, c’est vraiment pour Dieu.
- Chantal : c’est vrai qu’animer les chants occasionne une tension qui empêche de vivre pleinement la messe, mais l’avantage, c’est qu’en amont, cela me permet de regarder les textes avant l’eucharistie, de les méditer parfois…
- Bernard : C’est tout de même une joie profonde quand un chant se termine et que nous ressentons une certaine communion. Mais parfois nous faisons des erreurs. Il faut réagir, rattraper
- Françoise : C’est vrai que quelquefois nous donnerions volontiers notre place (rires). Et puis l’orgue soutient la fragilité, nous nous complétons finalement. À Cluses, nous avons des propositions par l’organiste pour que les chants soient coordonnés à la liturgie. C’est très agréable

Les  chorales sont comme le reste des groupes paroissiaux avec des points forts et des fragilités…


- Bernard : Oui, les groupes sont fragiles, nous maintenons un noyau mais c’est difficile de trouver de nouvelles personnes. Comment relancer une dynamique ? Nous nous réjouissons quand des membres des autres chorales viennent renforcer notre équipe. C’est bien quand cela se fait. Encore faut-il être accueillants, penser à inviter dans nos bancs.
- Françoise : En même temps, nous tenons le coup parce que nous ne voudrions pas  qu’il n’y ait personne. Sans se sentir indispensables, nous nous sentons utiles dans l’animation de la liturgie.  Personnellement, j’apprécie beaucoup quand on m’invite à Marnaz par exemple. Mais il y a aussi des personnes qui nous rejoignent à St Nicolas. C’est vraiment une bonne chose. Une autre fragilité vient du fait que c’est de plus en plus difficile de mobiliser des personnes à venir répéter. Elles arrivent pour la messe elle –même mais nous ressentons parfois une certaine frustration à ne pas pouvoir travailler de nouveaux chants.

Un souhait ?

- Françoise : Qu’on ait plus de chants en commun dans toute la paroisse, cela permettrait de mieux changer de communauté et de nous sentir plus ensemble. Qu’on soit plus invité par les autres communautés quand nous venons célébrer avec elles. C’est impossible de s’imposer. Cela demande une grande ouverture
- Gérard : Cluses centre a déjà plus l’habitude de regrouper des personnes de toute la paroisse. Il faudrait qu’on le développe davantage dans les autres communautés. Il y a encore à faire du côté de l’accueil.
- Chantal : j’apprécierais d’avoir plus souvent l’avis des paroissiens. Que les équipes liturgiques travaillent plus en lien avec nous, nous proposent des chants puisqu’ils lisent les textes avec attention… Même l’assemblée aussi a son mot à dire. Je ne serais pas contre leur avis, même s’il n’est pas le même que le mien !

Nous le voyons, les chefs de chœur sont passionnés. Ils n’ont pas fini de nous faire chanter !

 

 

 

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