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Paroisse Bienheureux Ponce en Haut-Giffre Paroisse Bienheureux Ponce en Haut-Giffre

Vallée du Haut-Giffre et Bienheureux Ponce

Introduction a l'histoire et la description de la vallée du Haut-Giffre et de la paroisse du Bienheureux Ponce.

Introduction

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La vallée du Haut-Giffre :
La paroisse du Bienheureux Ponce se trouve dans la vallée du Haut-Giffre, en Haute-Savoie. Elle s’étend de Mieussy au nord-est jusqu'à Sixt Fer-A-Cheval au sud-est et elle comprend les 7 communautés chrétiennes et leurs 7 clochers qui suivent pendant 30 km la route du fond de la vallée et le torrent le Giffre.

Résumé extrait de "Histoire de Samoëns" de Colette Gérôme (édition La Fontaine de Siloë) et posté sur ce site avec l’autorisation de l'auteur. Résumé rassemblé et listé par Henriette Ton That:

La vallée du Giffre est marquée par son origine glaciaire et présente des aspects homogènes sur ses deux versants et tout au long du cours de la rivière. La vallée, fermée par le cirque du Fer A Cheval, a un fond plat occupé par le Giffre. Ce dernier reçoit sur sa rive droite le Clévieux puis la Valentine, sur sa rive gauche le Nant D’Ant et le Verney : tous ces torrents sont sujets à des crues soudaines qui provoquaient de fréquentes inondations et de graves dommages. Les deux versants : adroit et envers ont une végétation étagée, l’envers étant plus boisé que l’adroit. Le climat est rude, de type continental avec des hivers froids et très enneigés, des étés tantôt chauds et secs, tantôt très pluvieux.

 

Vue sur Taninges et le pic du Marcellis.

 

Un aperçu du Buet, au fond de la vallée.

 

Sixt et ses environs.

 

Historique rapide
Il semble qu’il n’y eût pas de peuplement permanent avant le Vème siècle (lieu de passage entre le Chablais et la vallée de l’Arve comme en témoigne la voie romaine aux environs de Taninges).
Au cours des V et VIème siècles arrivée et installation des Burgondes accompagnés certainement par d'autres peuples germaniques ; la domination Burgonde, achevée en 534, laisse la place aux royaumes francs jusqu’au Xème siècle.
A partir du Xème siècle, le Faucigny auquel appartient la haute Vallée du Giffre est soumise à l’autorité des Sires de Faucigny jusqu’en 1355 : à cette date, absence de descendants mâles dans la famille de Faucigny, le fief passe sous la domination du Comte de Savoie (Sapaudia terre d’empire).
XIème siècle : économie : à partir du XIème siècle la population s’accroît et la haute vallée se développe valorisant le sol. Les principales ressources sont fournies par les cultures vivrières et la pratique de l’agropastoralisme ; d’où l’importance des hauts pâturages d’estive, appelés « montagnes ». L’utilisation de ces alpages cédés par les ordres monastiques ont nourri de nombreuses querelles avec les habitants des vallées voisines du Chablais. Au cours des siècles, grâce à un travail régulier et souvent difficile, les habitants de la vallée peuvent vivre pratiquement en autarcie. L’artisanat se développe : les artisans travaillent les matières premières trouvées en abondance sur place : menuisiers, charpentiers et surtout tailleurs de pierre dont la réputation ira s’accroissant au fil des siècles.
A partir du XIVème siècle, le Comte de Savoie délègue son autorité à des gouverneurs, « caste » qui deviendra de plus en plus importante avec les notaires et les commerçants qui constitueront la classe sociale dominante.
Au cours des XV et XVIème siècles, l’évolution continue, et on abandonne les us médiévaux, sauf peut-être, l’organisation du travail communautaire. Une relative prospérité, grâce à des conditions climatiques favorables, permet à la population d’augmenter.
Le XVIIème siècle est plus difficile à cause de la détérioration du climat, le « petit âge glaciaire » rend la survie plus aléatoire et incite à l’émigration. D’autre part les tailleurs de pierre « les Frahans » sont souvent sollicités pour travailler loin de leur vallée entrainant une double conséquence : ouverture d’esprit sur d’autres horizons et apport d’argent mais éloignement des hommes sains et forts pendant la période des travaux les plus importants : fenaison, moisson…
Le XVIIIème siècle est un siècle de changements et de progrès. Les souverains Victor Amédée II et Charles Emmanuel III font réaliser le premier relevé cadastral « la mappe Sarde » qui permet de réformer le système fiscal. Les souverains, par leurs initiatives, favorisent l’émergence d’une classe plus entreprenante qui administre les bourgs de la vallée : amélioration des voies de communication, construction de ponts, mais délaisse la haute vallée qui se trouve enclavée. Développement de l’enseignement avec la création d’une petite école en 1711 et une école de filles en 1766 à Samoëns. Les premiers « touristes » attirés par le relief commencent à arpenter les pentes. Ce sont surtout des Genevois, en particulier Horace- Bénédict de Saussure et Pictet qui gravissent le Buet à partir de Sixt en 1778. Les idées nouvelles se propagent grâce aux travailleurs migrants et la Savoie va suivre les évènements révolutionnaires

De 1792 à 1815 : la période française
Les premiers évènements révolutionnaires français, en particulier l’abolition des droits féodaux et des dimes sont regardés avec sympathie. Septembre 1792 : entrée du Général Montesquiou à Chambéry. La Savoie devenue département du Mont Blanc est incorporée à la France et va subir les changements et les difficultés provoquées par la guerre entre la France et ses voisins (Prusse, Autriche). Les difficultés provoquées par le Comité de Salut Public perturbent les populations et provoquent une certaine désaffection a l’égard de l’esprit révolutionnaire à cause : 1) de la politique religieuse; 2) de la conscription et des réquisitions; 3) des décrets du Comité de Salut public (Albitte , représentant en mission)
Après la tourmente révolutionnaire, le Consulat et l’Empire ramènent le calme et une relative prospérité (création du système monétaire stable). L'utilisation de la force hydraulique pour actionner des forges, des moulins, des foulons s'accroît.
Exploitation des mines de fer situées dans les massifs du Fer A Cheval par Albanis de Beaumont. En contrepartie les guerres de l’Empire entrainent une demande régulière de conscrits et suscitent des désertions : en réalité, peu sont concernés
Après la chute de l’Empire, la vallée est soumise temporairement à l’occupation autrichienne (1814)
La société locale a subi des transformations : clivage entre ceux qui ont profité de la révolution et de l’empire pour s’enrichir et occuper les fonctions publiques importantes et ceux qui souhaitent le retour des anciennes formes de pouvoir.
1815 : la Savoie fait retour au royaume de Piémont et dans les communes de la vallée, les « pro-français » et les « pro-sardes » s’affrontent au cours de joutes électorales.
Pendant la période du Buon Governo : faits marquants, la reprise de l’enseignement et appel aux congrégations religieuses pour enseigner : Frères des Ecoles Chrétiennes et Sœurs de St Joseph. Réfection de la halle à Samoëns a partir de 1833. Installation de la mairie au château de la Tour à partir de 1842.
Travaux à long terme pour l’endiguement des torrents, en particulier du Giffre : le gouvernement central de Turin ne se préoccupe que de l’endiguement de l’Arve laissant aux communes riveraines le soin des autres cours d’eau. Le Faucigny et la Haute Vallée du Giffre restent enclavés et hors des courants de l’industrialisation.
Quand le Roi de Piémont et son ministre Cavour entreprennent de réaliser l’unité italienne, le sort de la Savoie, donc du Faucigny, est en « suspens ». Certains sont partisans d’un rattachement à la Suisse voisine (surtout dans la vallée du Giffre), d’autres pour un rattachement à la France par défaut. Le 22 avril 1860 après le plébiscite auquel les habitants de la Savoie ont répondu massivement « OUI » la vallée du Giffre et le Faucigny sont rattachés a la France dans le cadre du département de Haute-Savoie.
La vie associative se développe en reprenant les mêmes buts que les sociétés séculaires. Ce sont la société Philanthropique créé en 1857 pour secourir les pauvres ou les invalides. La confrérie des Quatre Couronnés devenue laïque en 1850 se consacre de nos jours aux actions culturelles et pérennise la tradition de la messe et du pain béni le dimanche qui suit le 25 décembre.
Création Société Philarmonique en 1855 qui poursuit ses activités musicales avec l’Harmonie Municipale et une école de musique pour plus jeunes. Cette formation est à l’origine du rassemblement de musique du Faucigny en 1855 : rassemblement qui se poursuit de nos jours ainsi que d’autres associations actives : la chorale, le Tir a l’Arc. Changement : le 13 mai 1865 Verchaix se constitue en commune indépendant. L’enseignement a suivi les vicissitudes des autres communes françaises laïques non confessionnel après les lois scolaires de Ferry. 1867: construction d’écoles laïques dans les différents villages de la commune : Vercland, Vallon, Plampraz, Chantemerle ; tandis que Mr H Perret permet par ses générosités la continuité de l’enseignement confessionnel en dotant les Frères des Ecoles Chrétiennes d’un bâtiment en 1887 et d’un autre pour l’Ecole des Filles, confiée aux Soeurs de St Joseph en 1923.
XXème siècle : dans la deuxième moitie du XXème siècle, construction d’un groupe scolaire avec collège à Samoëns qui regroupe tous les enfants de la Haute Vallée à l’exception de la Rivière-Enverse, Verchaix qui fréquentent le collège de Taninges. Autre changement notoire : l’amélioration des voies de communication avec, en particulier, la ligne de chemin de fer Annemasse-Samoëns en 1895 qui sera prolongée jusqu'à Sixt en 1939 et électrifiée (Compagnie CEN : le train fonctionnera jusqu’en 1959). Les habitants de la vallée du Giffre ont participé aux événements tragiques qui ont marqué la France : guerre de 1870 (un monument aux soldats morts à Taninges) ; guerre de 1914-1918 (nombreux morts) ; Deuxième guerre mondiale et également les guerres coloniales.

Entre 1892 et 1959, il y avait un petit train dans la vallée. L'arrivée en gare de Samoëns. 

(Carte postale du blog "Hier à Samoens" d'Arlette Delesmilleres; publiée avec l'autorisation de l'auteur). 

 

Changements économiques
L’économie traditionnelle basée sur l’agropastoralisme se maintient tout au long du XIXème siècle et début du XXème siècle.
Les conséquences de la Première guerre mondiale : diminution de la population active et début de la mécanisation.
La Deuxième guerre mondiale met un terme aux activités traditionnelles et au travail communautaire; abandon progressif des champs les plus pentus et moins accessibles de certains alpages.
XXème siècle : la seule activité agricole reste l’élevage laitier, pratiqué par quelques propriétaires dont le cheptel est important, mécanisation nécessaire pour répondre aux normes imposées par Bruxelles.
Au cours du XIXème siècle les tailleurs de pierre sont de moins en moins nombreux et tendent à disparaître. L’émigration est importante, en particulier vers Lyon, Paris. Mme M. L. Jaÿ épouse Cognac fondatrice de la Samaritaine. Dépeuplement de la vallée jusqu'à l’étiage de 1934 la population diminue, de même les activités économiques sont faibles : marasme économique jusqu’aux années 1950 qui connaitra le développement spectaculaire du tourisme hivernal et estival. La randonnée a commencé au cours du siècle précédent mais la pratique du ski est relativement récente à Samoëns, 1ère station de sport d’hiver, installation des 1ères remontées mécaniques en 1949 qui relie Vercland au Plateau des Saix. Puis le téléski qui permet d’accéder sans effort jusqu'à la Croix des Saix (environ 2000 mètres). Morillon s’équipe à son tour dans les années 1950.  Sixt aussi et en dernier les deux stations de Taninges-Praz de Lys et Mieussy-Sommand.
Actuellement, grâce aux liaisons, le Grand Massif regroupe outre Flaine et les Carroz : Morillon, Samoëns, Sixt. La pratique du ski a permis une régénération (revitalisation) de l’économie de la vallée et a redynamisé certains métiers ancestraux : maçonnerie, charpente, menuiserie et autres métiers du bâtiment. Le mouvement migratoire s’inverse : de nombreuses personnes viennent de l’extérieur de la vallée pour travailler dans le tourisme, aussi bien d’été que d’hiver.

Histoire religieuse
La christianisation a été assez rapide : à partir des VIIème et VIIIème siècles grâce à l’influence du Roi Sigismond. Premier édifice dont on a retrouvé les ruines : à Taninges une chapelle datée du IXème siècle. Après la dissolution de l’Empire Carolingien, naissance de la féodalité dans laquelle le clergé joue un rôle prépondérant. Les fondations monastiques les plus importantes sont St Maurice en Valais, St Jean d’Aulps et Abondance (important propriétaires terriens).
Le XIIème siècle est une période d’expansion démographique et religieuse; une église est construite à Samoëns en matériaux solides.
1144 : fondation de l’Abbaye de Sixt par Ponce de Faucigny, frère du Sire de Faucigny et de l’évêque de Genève (Ardutius). Ponce a trouvé son « désert » à l’extrémité de la vallée du Giffre. La nouvelle abbaye sous l’égide de son initiateur et prieur suit la règle de St Augustin.
1292 : Béatrice de Faucigny fonde la Chartreuse de Mélan pour 40 moniales. Cette institution est également dotée de vastes domaines fonciers. Au cours de ces siècles, nombreux conflits entre les habitants de la Vallée et l’Abbayes de St Jean d’Aulph au sujet de pâturages concédés et de l’Abbaye de Sixt au sujet de la nomination du chapelain de Samoëns et de la perception des dîmes.
1457 : construction de la chapelle de Morillon.
1468 : Chapelle du Col de Cou
1476 : le 21 juin attaque des Bernois qui détruisent l’église et d’autres édifices.
XVIème : siècle de la Reforme protestante, malgré la proximité de Genève, la « Rome protestante », où Calvin s’installe en 1531, la haute vallée n’est pas contaminée.
Le 21 aout 1500 : Morillon devient paroisse indépendante.
1591 : création de la confrérie Saint Nicolas à vocation caritative. Au cours du XVIe siècle : difficultés entre l’Abbaye de Sixt et la paroisse de Samoëns qui supporte mal la tutelle de l’Abbaye; 1582 : l’église de Samoëns est érigée en collégiale avec un doyen nommé par le Pape mais l’Abbaye de Sixt conserve les 2/3 des revenus de Samoëns.
A partir du XVIème siècle le prestige de l’Abbaye de Sixt décline et au début du XVII l’évêque de Genève François de Sales doit intervenir à plusieurs reprises.


Le XVIIème siècle est marqué par des personnalités religieuses de grande envergure :
- Saint François de Sales (1567–1622), saint et docteur de l'Église. Issu d’une famille noble, il consacra sa vie à Dieu, renonçant à tous ses titres de noblesse, et devint l'un des théologiens les plus considérés du christianisme. Grand prêcheur, il devint évêque de Genève et fonda l’ordre religieux de la Visitation. Homme d’écriture, il laissa une somme importante d’ouvrages. Il est le saint patron des journalistes et des écrivains.
- Pierre Dusaugey, natif de Samoëns (en 1636) qui étudia la théologie à Chambéry et Rome puis la philosophie et le droit canon à la Sorbonne. Il est nommé chapelain des Religieuses de Port Royal et participe à la vie mondaine parisienne. Nommé doyen de la collégiale de Samoëns (1672) il officia pendant 45 ans mais ses habitudes fastueuses et son gout pour la chicane en font un personnage controversé. Il meurt en 1717.


Le XVIIème siècle est marqué également par la fondation de nombreuses associations à caractère plus ou moins religieux. Notons en particulier en 1659 fondation de la Confrérie des Quatre Couronnés regroupant les maitres d’œuvre tailleurs de pierre. Au cours de la messe solennelle qui les réunit une fois par an, distribution du « pain béni ».

Erection de nombreuses chapelles (et nombreux oratoires) :
1620 : Vercland dédiée à St Symphorien.
1636 : Vallon dédiée à Sts Jacques, Philippe et Joseph
1656 : Mathonex dédiée à St Jean L’Evangéliste
1660 : chapelle du Col de Cou transférée au Bérouze

1675 : Vigny dédiée à Notre Dame et St Théodule
1680 : Chantemerle dédiée à St François de Sales
1681 : Verchaix dédiée à St Guérin
1687 : Chapelle du Parc, dédiée à notre Dame de la Compassion

 

 

 

Le XVIIIème siècle est marqué par deux figures ecclésiastiques :
- Le cardinal Gerdil né à Samoëns en 1718. Jean François étudie d’abord à Thonon puis a Annecy. En 1734, il choisit la voie religieuse et étudie la philosophie et la théologie à Bologne. Nommé cardinal en 1777, il devient précepteur du futur Charles Emmanuel IV puis entre à la Curie Romaine et participe a la rédaction du Concordat de 1801. Il meurt en 1802 sans être revenu à Samoëns.
- Monseigneur Biord nait en 1720 à Samoëns. Etudes à Thonon puis à Dijon, Besançon et Paris. Ordonné prêtre en 1743 il devient curé de la Ste Chapelle. 1747 : nommé chanoine de la cathédrale de Genève. 1764 : évêque de Genève en résidence à Annecy. Pendant son épiscopat, il se montre un ferme défenseur du catholicisme traditionnel et un opposant aux idées des philosophes. Il meurt en 1784. Le cardinal Gerdil et Monseigneur Biord sont représentés sur le vitrail du chœur, à droite, dans l’église de Samoëns.
 


La période révolutionnaire est marquée par l’édification officielle d’Annecy en centre du diocèse : le seul pour le département du Mont Blanc en 1792. Dans un premier temps, l’unanimité entre les autorités civiles et religieuses rassure la population (élection des différents représentants a lieu dans l’église et est suivi d’un office). Les premières discordances sont le fait de l’application de la Constitution Civile du Clergé et le mode de désignation des autorités religieuses choque les habitants. Les prêtres réfractaires choisissent de quitter la communauté, cependant les chanoines de la collégiale et le chapelain de Vercland prêtent le serment civique (14 avril 1793). Puis certains se rétractent et optent pour l’exil. L’attitude des autorités civiles se durcit à l’encontre des prêtres en exil et de leur famille provoquant une fracture dans la communauté entre pro- révolutionnaires et anti-révolutionnaires.

1793 : l’accentuation de la politique de déchristianisation du Comité de Salut Public inquiète les Septimontains. Il s’agit de la réquisition des biens de l’Eglise : la confiscation des registres de baptêmes, mariages et décès puis de la saisie des meubles du presbytère, interdiction de célébrer la messe et réquisitions de tous les objets en métal, y compris les grilles du cimetière, les chandeliers etc. (au total 8 quintaux 45 livres de métal sont livrés à Cluses).
Au début de 1794 ordre est donné de détruire les clochers et chapelles. Livraison des cloches de l’église devenue Temple de la Raison. Avec l’arrivée du représentant en mission Albitte cette politique s’accentue en particulier par la chasse aux prêtres réfractaires en favorisant la délation. Les confréries sont également appelées a se conformer aux décrets révolutionnaires en soutenant financièrement l’effort de guerre. Apres le 9 thermidor, Albitte quitte le département. Cependant le problème religieux n’est pas résolu. Certains prêtres refusent le calendrier révolutionnaire et de célébrer le culte à l’Etre Suprême, les decadis (qui remplacent les dimanches). Menaces d’amendes et d’arrestation. Les habitants soutiennent le retour à une pratique religieuse traditionnelle qui est encore refusée.
En 1795 (1er nivôse III) le gouvernement thermidorien autorise la liberté de cultes : retour des prêtres réfractaires et reprise des offices mais cette tolérance ne dure que jusqu’en automne 1797 (deux chanoines de Samoëns sont déportés en Guyane).
Le coup d’Etat du 18 Brumaire et le Concordat de 1801 apportent la paix religieuse.
En 1815 : retour de la Savoie au royaume de Piémont. Le Roi Victor Emmanuel1er redonne au clergé ses prérogatives.
La mainmise du clergé sur la vie locale se manifeste par la scolarisation des garçons et des filles dont les maîtres sont les prêtres ou les Frères de Ecoles Chrétiennes pour les garçons, les Sœurs Clarisses puis de St Joseph pour les filles.
L’école confessionnelle de garçons ferme en 1956, celle des filles poursuit ses activités avec de institutrices laïques.


XXème siècle : la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat suscite des perturbations dans la société septimontaine : par exemple création de deux groupes musicaux l’Harmonie Municipale laïque et la Jeanne d’Arc religieuse.

 

Carte Postale de l'eglise de Samoens avant les restaurations, les changements et les nouveaux vitraux. (Carte postale du blog "Hier à Samoëns" d'Arlette Delesmilleres; publiée avec l'autorisation de l'auteur).


Au cours du XXIème siècle la pratique religieuse est de moins en moins active.
Jusqu’aux années 1950-1960, il y avait un curé et 2 vicaires.


En 1979, la société des Maçons ( forme laïcisée de la Confrèrie des Quatre Couronnés) se donne de nouveaux statuts remet à l'honneur le Pain Béni le premier dimanche qui suit la fête de Noël

 

 

2005: de par la difficulté du recrutement des prêtres, les paroisses ont été regroupées en 2005 en une seule paroisse, « la paroisse du Bienheureux Ponce en Haut-Giffre » qui comprend 7 clochers et ses 7 communautés chrétiennes: La Rivière-Enverse (Eglise St Pierre); Mieussy (Eglise St Gervais et Protais); Morillon (Eglise St Christophe); Samoëns (Eglise de Notre Dame de l’Assomption); Sixt Fer-à-Cheval (Eglise de Ste Marie-Madeleine); Taninges (Eglise St Jean-Baptiste) ; Verchaix (Eglise St Guérin)

Curés de Samoëns (deuxième moitié du XXème siècle) : Birraux , vicaires : Dupraz, Champagne, Girard, Bibolet, Milhomme; Curé Jacquier, Reignier ; Regis Perrière ; Regis Burnier, Jean Pierre Futuba ; Claude Trolliet.

 

Histoire de l’église de Samoëns
L’église de Samoëns est vouée à Notre Dame de l’Assomption, fête patronale: le 15 août.
XIIème siècle : premier édifice en matériaux solides.
Le 16 juin 1476 : l’église est détruite, avec d’autres bâtiments, par une attaque des Bernois.
1480-1486- 1491 : trois chapelles sont construites à l’intérieur de l’Eglise : St. Jean, St Sacrement, Ste Anne.
Début du XVIème siècle : reconstruction du clocher et d’une nef rectangulaire.
Mi-XVIème siècle, 1555 : l’église est agrandie par l’adjonction du bas-côté sud, couvert d’une voûte gothique sur croisée d’ogives.
Un portail surmonté d’un arc en ogive, orné d’une lourde sculpture portant la date des transformations. Il conserve ses piédroits romans supportés par des lions couchés ; les colonnes sont surmontées de chapiteaux à motifs végétaux. La décoration est complétée par des visages grimaçants auxquels s’opposent des visages d’anges joufflus et souriants. Ces améliorations sont réalisées en pierre locale et travaillée par les tailleurs de pierre de Samoens.
Première moitié du XVIIème siècle, l’église est agrandie et embellie.
Le 11 juillet 1581 : l’église est dotée d’une grand cloche « la Théodule ».
XVIIème siècle (1605) construction de l’église avec un chœur a six pans éclairé par les trois fenêtres offertes par les frère Jacques et Charles de Gex : famille la plus en vue a qui le Duc de Savoie confère le titre de Baron de St Christophe en 1622.
1649 : un incendie endommage le clocher et le toit de l’église : une exemption des dîmes pendant 5 ans permet de reconstruire le clocher, réinstaller la cloche et ériger une flèche rectangulaire (achèvement en 1682).
XVIIIème siècle : réfection du presbytère, du toit et de l’auvent de l’église (au moins 30 000 ardoises sont nécessaires).  Deux dernières décennies du siècle, mis en place de deux plaques commémoratives en l’honneur du Cardinal Gerdil et de Mgr Biord. Ces deux plaques sont situées de part et d’autre de l’entrée de l’église (œuvres du sculpteur Mugnier de Vallon).
La révolution : les plaques apposées sur la façade de l’église en l’honneur de Cl Gerdil et Mgr Biord sont martelées.
XXIIème siècle : entre 1839 et 1869, la voûte qui couvre la grand nef de l’église est reconstruite et la nouvelle sacristie est construite, ce qui agrandit le bas-côté nord. Les orgues du XVIIIème siècle sont réparées et transformées.
1844 : achèvement du Grand Bénitier par le maitre maçon Desarnod, en pierre noire de Tines.
1857 : mise en place des vitraux du chœur, œuvre d’un maitre verrier de Lyon.
XIXème siècle : 1917 grâce à la générosité de Mme Cognacq-Jay, l’intérieur de l’Eglise est orné d’un décor néo-gothique à la mode du début du siècle. Décennie 1970 : nouvelle réhabilitation de l’église dans le sens de la sobriété, elle est débarrassée des anciens décors et statues au profit de la mise en valeur des matériaux d’origine et des volumes équilibres de l’édifice. Les orgues ont été restaurées en 1956 ; le toit de l’église a été recouvert dans les années 1960, ainsi que le porche recouvert en cuivre.
En 1982 : mise en place des vitraux du chœur ; clocher restauré.

Synthèse : présentation actuelle de l’église (2012)
Façade de l’entrée : de chaque côté du portail, une plaque commémore les deux importants personnages ecclésiastiques de Samoens : à droite en l’honneur du Cardinal Gerdil, à gauche en l’honneur de Monseigneur Biord. La voûte romane soutient le clocher. A l’entrée, à droite, le grand bénitier. La grande nef coiffée d’une voûte d’arêtes dont les arcs en plein cintre sont en tuf, pierre locale. Elle se termine par le chœur éclairé par les vitraux.
Une fenêtre centrale trilobée est dédiée à l’Assomption de la Vierge dans les tonalités de bleu, avec un buste de François de Sales. A droite : fenêtre géminée où sont représentés (de gauche à droite) le Bx Ponce, le Cl Gerdil et Mgr Biord. A gauche : représentation des Quatre Couronnés. Bas-côtés nord : magnifique voûte sur croisée d’ogive avec arcs doubleaux en tuf. Ce bas-côté se termine par un autel à la Vierge : statue de bois doré. Bas-côté sud : voûte d’arrêtes simple. Au fond, tabernacle fermé par une porte en bois sculpté représentant 3 têtes d’ange œuvre de Mr. Lange. A gauche : un chemin de croix, œuvre du peintre contemporain Marc Camille Chaimovicz.
A noter : au fond, une chapelle, ancienne chapelle St Michel et Notre Dame des Grâces, (dont le plafond représente une étoile à quatre branches) était jadis le baptistère. A été intégré dans le mur l’ancien tabernacle de facture gothique flamboyant en pierre noire de Tines
.

 


 

 

Le massif du Haut Giffre (également appelé "Haut Faucigny") se rattache aux massifs subalpins et ses plis prolongent ceux des Bornes tout en se poursuivant vers le nord-est, en Suisse, dans le domaine des nappes helvétiques, que coupe la vallée du Rhône. Il doit son nom à la rivière qui le draine, dont le lit est d'altitude modeste (750 m à Sixt), ce qui crée de fortes dénivelées car ses crêtes culminent jusqu'aux environs de 3000 m (3095 au Buet, 3257 aux Dents du Midi). (Extrait du site Geo Alpes cliquez ici )

 


Afficher La Paroisse du Bienheureux Ponce sur une carte plus grande


La Paroisse du Bienheureux Ponce :

 

Cette Introduction à la vie et l’histoire du Bienheureux Ponce fut lue avant la messe le jour de la Fête patronale :


Bienvenue à vous tous, paroissiens de nos 7 villages ou chrétiens de passage qui venez vous réunir autour de Bienheureux Ponce. Nous fêtons aujourd’hui le Saint patron de notre paroisse, mort un 26 novembre. Pour mémoire, Ponce de Faucigny vécut entre 1100 et 1178, en plein Moyen-âge. Il naquit au château de Faucigny et renonça à la vie de seigneur pour devenir chanoine régulier dès l’âge de 20 ans. Installé d’abord à Abondance, il choisit de suivre la règle de Saint Augustin, animée de l’esprit de charité, fondée sur la prière et le travail. C’est lui qui fondera l’abbaye de Sixt dont il deviendra le premier abbé, il participera aussi à la fondation de celle d’Entremont et s’emploiera à rapprocher les abbayes d’Abondance et de Saint-Maurice, faisant preuve d’un sens aigu de la modération et du dialogue. Il sera béatifié en 1896 par le pape Léon XIII. Confions à Bienheureux Ponce la bonne marche de notre paroisse, que son sens du dialogue et de la conciliation nous aident à régler nos différends et à accepter l’avis de chacun dans un plus grand esprit de communion.

"l'Abbaye est à l'origine de l'histoire du village, avec l'arrivée, au début du XIIe siècle, de l'abbé Ponce de Faucigny, venu avec une équipe de moines pour défricher la vallée. Le bâtiment a ainsi été à la fois un facteur de développement économique et un foyer intellectuel et religieux." (source: L'Abbaye de Sixt-Fer-à-Cheval - Conseil général de la Haute-Savoie)


"Les bienheureux Ponce de Faucigny, Jean d'Espagne, saint Guérin ou saint Germain de Talloires, personnages infatigables à l'origine de l'implantation de nombreux monastères au Moyen Age, lieux de prière et d'accueil pour les hommes d'hier et d'aujourd'hui." (Voir: saints du diocèse d'Annecy)

 

Extrait de « Ponce de Faucigny, Fondateur de l’Abbaye de Sixt. Sa vie, son culte. » par l’abbé Marie Rannaud, édité en 1905 et réédité a l’initiative du Comite paroissial de Sixt en 1997 pour le centenaire de sa béatification :
 

Sa vie : A cette époque où les cloîtres étaient les citadelles de la prière et du travail, chaque monastère se glorifiait d’avoir un saint parmi ses fondateurs : l’abbaye de Sixt ne devait pas faire exception à cette loi providentielle. Elle honore comme Bienheureux son premier Abbé qui fut son fondateur… Quant à la maison de Sixt, elle fut fidèle à suivre les leçons de son Fondateur. Si parfois elle éprouva les vicissitudes du temps, elle sut se relever de ses faiblesses et puiser une vie nouvelle au pied des autels et sur le tombeau et dans le sanctuaire de son saint Protecteur. En pénétrant dans un désert couvert de forêts et environné de rochers inaccessibles dont les sommets se perdent dans les nues, il fallut au Bienheureux Ponce toute la vertu d’un saint pour fixé son séjour dans cette solitude. Lui en a fait le lieu de ses délices spirituels et de son laborieux repos ; et si aujourd’hui la vallée de Sixt est cultivée et offre tant de sites enchanteurs aux voyageurs et aux touristes qui viennent de différentes contrées et même des extrémités de la fière Albion pour la visiter, elle le doit à ces religieux qui l’ont défrichée et rendu fertile jusque dans ses plis les plus cachés et ses montagnes les plus escarpées.

 

Son culte :
Des son bas âge, le B P fut un modèle de modestie, de douceur, de compassion pour les pauvres, d’édification pour ses compagnons, de prière et de confiance envers la Sainte vierge : toutes ces qualités lui attirèrent l’affection de ceux qui eurent le bonheur de le connaître, et qui volontiers lui donnaient déjà le nom de « saint ». Cette réputation de sainteté ne fit que grandir, A Abondance, auprès des religieux et des novices, ou il était en si grande vénération que lorsqu’il fut question de la règle a adopter pour la Congrégation, on s’en rapporta entièrement a lui ; et il donna des preuves bien grandes que l’esprit de Dieu l’animait par le choix qu’il fit de la Règle de saint Augustin et par le Sommaire » qu’il plaça en tète de cette Règle. … La puissante protection du Bx P ne se manifesta pas seulement dans les grâces de vocation que l’on obtenait par son intercession, elle s’affirmait chaque jour par les nombreux prodiges opérés a son tombeau ; plus les pieux visiteurs affluaient, plus la miséricorde divine exaltait son humble serviteur.

Il y eut plusieurs visites a Sixt de saint François de Sales et surtout l’une très marquante en 1620 ou il encouragea grandement la dévotion au Bienheureux Ponce et ou il demanda qu’un livre soit écrit retraçant la vie et le culte de Ponce de Faucigny.

 

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