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Paroisse La Trinité au pays des Voirons Paroisse La Trinité au pays des Voirons

Vive la presse paroissiale !

Le père Amédée Anthonioz, prêtre accompagnateur de Regards, et fervent défenseur du journal paroissial, qui évangélise aux « périphéries » depuis trente ans.

Si un esprit chagrin demandait au P. Amédée Anthonioz de donner l'extrême-onction à celle qui répond au doux nom de « presse paroissiale », il s'y opposerait farouchement. Et ajouterait qu'elle a de beaux jours devant elle, alors que des centaines d'acteurs de la Fédération nationale de la presse locale chrétienne se rassemblent à partir d'aujourd'hui à Paray-le-Monial.


Pour preuve : Regards, le journal de sa paroisse de la Trinité au pays des Voirons (Haute-Savoie), distribué dans les sept communes de son territoire, fête son 30e anniversaire ce mois-ci. Depuis trois décennies, ce titre, édition locale du journal du diocèse d'Annecy (Alpes 74) tirée à 3 000 exemplaires, « regarde le monde à la lumière de l'Évangile », assure ce prêtre au caractère bien trempé. Ses actualités sont celles de l'Église, mais pas seulement. « Regards aborde tous les thèmes de la vie des hommes – la santé, l'éducation ou l'engagement politique –, pour montrer que l'Esprit Saint est à l'œuvre dans ce monde », explique-t-il encore, convaincu que la presse paroissiale contribue elle aussi à évangéliser aux périphéries, étant déposée dans toutes les boîtes aux lettres de la paroisse, sans distinction de confession.


Bien que Regards observe le monde à 360°, le P. Anthonioz a ses thèmes de prédilection: la jeunesse et la convivialité. Dans sa vie, il marie les deux: le dimanche, des jeunes de son ancienne paroisse viennent partager un repas avec lui. « C'est dans la fraternité que se révèle la présence de Dieu », confie-t-il.


Curé de Fillinges depuis neuf ans, celui qui est né handicapé moteur en 1951 à Saint-Sixt, en Haute-Savoie, avant d'être ordonné prêtre en 1980 s'était déjà intéressé à la communication entourant les actions catholiques durant sa licence de théologie, mais ses connaissances ne sont pas restées figées au siècle dernier. Moderne, il prêche pour la création d'une version numérique du journal, sans enterrer le format papier.


En attendant, il organise un « Carême électronique », ses fidèles recevant ainsi un courriel hebdomadaire contenant une méditation autour de la parole de Dieu. Il entretient aussi un culte bien particulier: l'apéro (du latinaperire qui signifie « ouvrir »), au sens propre – sa porte est toujours ouverte pour les visiteurs de passage – mais aussi figuré. Quand il affirme que la Bible est un festin pour l'esprit, auquel certains ne veulent pas assister parce qu'ils le jugent « compliquéet austère », lorsqu'il en déduit que la mission du prêtre est d'ouvrir « l'appétit à la foi », la métaphore semble soudain moins saugrenue.


CHAZAL Cyrielle
11/3/15 – article paru dans le journal La Croix