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Dans le silence du coeur

du Père Dominique Joly

de la Pastorale de la Santé (Annecy)

Dans le silence du cœur

En ce mois de février, à proximité de la fête de Notre-Dame de Lourdes, nous célébrons le « Dimanche de la santé ». Son thème, cette année, est tiré du Psaume 118 : « Ouvre mes yeux, Seigneur, à tes merveilles ».
En préparant cet article, me revient à la mémoire un des proverbes populaires appris en Haïti. Ces « proverbes » sont, dans ce pays, comme des paroles de sagesse, transmises par les anciens de génération en génération. Le voici : « Ce sont les larmes qui nettoient les yeux qui ne voient pas ».
Notre mode de vie occidental reste souvent à distance de la fragilité des anciens, de l’angoisse des personnes malades, de la solitude des personnes handicapées. Nous préférons fermer les yeux sur cette réalité éprouvante qui nous rappelle l’incertitude et la précarité inscrites dans notre condition humaine. Et pourtant, beaucoup nous disent, par leur partage de vie, les marques du passage de Jésus qui a ouvert leur cœur à la patience,à la compassion et à l’espérance, dans le simple quotidien.
Marie, Notre-Dame de Lourdes, apprends-nous ce sens du regard intérieur... Les personnes handicapées, malades ou âgées nous ouvrent au goût de la fraternité par leur simplicité : sensibles à la beauté d’un instant, Reconnaissantes envers la compassion du
soignant, heureuses de la visite du bénévole, elles nous apprennent à changer notre regard. Il n’est pas nécessaire d’être jeune, en bonne santé, rapide ou séduisant, pour être reconnu, tenir sa place et exister... Le rapport que chacun entretient avec sa propre fragilité imprègne son regard et sa relation aux autres. Ce n’est pas facile de faire l’expérience du manque : spécialement du manque d’autonomie. Qui peut comprendre cette faille existentielle, sans l’avoir vécue ? Le fait de ne pouvoir contrôler son corps, ses gestes, ses paroles et même ses réactions émotives : comme cela doit être humiliant !
Les personnes handicapées, malades ou âgées nous introduisent à un « vivre autrement » : le lent et parfois rude consentement à leur fragilité les a rendues « humaines ». Ainsi nous renvoient-elles, à leur insu, l’insignifiance de nos agitations, de notre bruit intérieur.
Oui, les larmes quelquefois nettoient nos yeux... et nous aident à accueillir notre propre fragilité, comme le trésor caché par où Dieu se révèle et se donne.
« Ouvre mes yeux Seigneur... ».

Père Dominique Joly
Pastorale de la Santé (Annecy)