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Les Œuvres de Miséricorde

Détail tableau "Les Sept Œuvres de miséricorde" David Teniers (161

Édito de Mgr Yves Boivineau, paru dans Église d'Annecy du mois de février : Le carême de cette Année jubilaire est, selon le pape, un temps favorable pour notre conversion, grâce à l’écoute de la Parole et aux œuvres de miséricorde.

... Cette année nous est offerte pour « faire l’expérience, dans notre vie, du toucher doux et suave du pardon de Dieu, de sa présence à côté de nous et de sa proximité, surtout dans les moments où nous en avons davantage besoin ». Pour faire l’expérience de la miséricorde, faut-il encore que nous acceptions notre pauvreté : « Le pauvre le plus misérable est celui qui n’accepte pas de se reconnaître comme tel. » En cela rien de triste, bien au contraire : le pardon de Dieu nous rétablit dans notre dignité d’enfant de Dieu et nous devenons plus généreux, plus joyeux, plus saints.

Laissons le regard de Jésus transformer nos vies, pour communiquer cette expérience de la tendresse de Dieu. Laissons-nous regarder par le Seigneur dans la prière, l’écoute de la Parole, l’Eucharistie, le sacrement du pardon, la rencontre de nos frères. Apprenons à regarder comme lui nous regarde. La miséricorde reçue engage à aimer du même amour : « La miséricorde de Dieu transforme le cœur de l’homme et lui fait expérimenter un amour fidèle qui le rend capable d’être, à son tour, miséricordieux. » Ce sont les œuvres de miséricorde.

Le pape François souhaite que le peuple chrétien réfléchisse sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles, afin de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, …des pauvretés. Il prend soin de souligner comment nous ne devons jamais séparer les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles.

En puisant dans l’enseignement de Jésus, le pape énumère ces œuvres de miséricorde. Sept œuvres de miséricorde corporelles, où « nous touchons la chair du Christ dans nos frères et sœurs » : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et sept œuvres de miséricorde spirituelles, qui concernent plus directement notre condition de pécheurs : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses (!), prier pour les vivants et pour les morts.

Pourquoi ne pas nous arrêter devant cette énumération ? Elle évoque sûrement pour chacun de nous des situations concrètes, et nous invite à faire la vérité tant sur notre enracinement dans le Christ que sur nos relations à nos frères et sœurs, à commencer par les plus pauvres d’entre eux.

Nous avons, chacune et chacun, un pardon à recevoir ou un pardon à donner, un malade à visiter, quelqu’un à consoler et encourager, un étranger à accueillir, un frère à visiter dans les nouvelles prisons de la société moderne…  C’est toute la société qui a besoin de miséricorde, « surtout en ces temps où le pardon est un invité rare dans les environnements de vie humaine ».

  « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ».
 

†  Yves Boivineau, 
Évêque d'Annecy

 

Les citations sont du pape François, dans la Bulle d’indiction du Jubilé et dans son Message pour le carême.