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Diocèse d'Annecy Haute Savoie et Val d’ArlyDiocèse d'Annecy

Le désert et la faim…

Édito de Mgr Yves Boivineau, paru dans la revue Église d'Annecy de mars.
Le temps du carême plonge ses racines dans l’expérience fondatrice de l’Exode, lorsque les hébreux, sortis d’Egypte où ils étaient esclaves, ont parcouru cette longue traversée du désert dans l’espérance de la Terre promise. Il a suffi d’une nuit pour que le peuple quitte l’Egypte, mais il a fallu quarante ans pour atteindre la terre de la promesse ! Quarante ans, c’était alors la durée moyenne d’une vie, comme pour signifier que la vie du croyant est une longue marche portée par la Promesse.

 

 

... Au cœur de l’épreuve du désert, le peuple murmure, jusqu’à regretter le passé et douter de la promesse : « Le Seigneur est-il au milieu de nous ? » (Ex 17,7) Ne valait-il pas mieux être esclave en Egypte que libre dans le désert ? Mais, paradoxalement, c’est aussi dans cette longue épreuve du désert que les hébreux ont découvert la fidélité du Seigneur et qu’ils sont devenus un peuple.

Notre monde ne connaît-il pas aujourd’hui, à bien des points de vue, quelque chose de cette longue traversée du désert ?  Et, bien sûr, notre Eglise qui est appelée à quitter ses nostalgies, à se mettre en marche, et à laisser Dieu la guider et la renouveler. L’Exode, est la condition même de l’Eglise. Nous sommes mis en chemin par la Promesse, mais les difficultés, les lenteurs, nos infidélités, peuvent atténuer l’enthousiasme : montent alors les regrets, les murmures, le doute… « Le Seigneur est-il au milieu de nous ? »

Nous risquons toujours de nous laisser ballotter par nos sentiments versatiles et contradictoires. La foi est bien sûr une question de cœur, mais nous avons besoin de comprendre et de connaître ce que nous croyons.

Le 4 février dernier, s’est tenue la première étape des « Assises de la formation ». Il s’agit de faire le point, de discerner les besoins nouveaux et d’oser ensemble les initiatives nécessaires pour répondre à la mission que le Seigneur nous confie. Le diocèse bénéficie d’une longue tradition de formation qui a porté et porte aujourd’hui des fruits. Nous pouvons rendre grâce. Toutefois, nos « réussites » passées peuvent nous empêcher d’accueillir la nouveauté, et d’entendre les attentes nouvelles dans un contexte qui a profondément changé. Il ne s’agit pas d’accumuler des savoirs mais de comprendre et d’aimer ce que l’on croit. Le pape François dit bien que l’objectif ultime n‘est pas plus de savoir mais plus de charité. Ceux et celles qui suivent ces temps de formation et d’approfondissement en sortent transformés, heureux, plus libres parce qu’affermis par la dimension communautaire de la foi. C’est une authentique expérience spirituelle, qui façonne des « disciples-missionnaires ». Nous avons toujours à entendre pour nous-mêmes, personnellement et ensemble, la question de Jésus : « Pour vous, qui suis-je ? ». Nous ne pouvons pas répondre seul à cette question. La formation n’est pas réservée à une quelconque élite.

Dans le désert, chaque matin, le Seigneur donnait la manne et chacun recevait selon ses besoins.

Mais avons-nous faim ?